Minervois La Livinière, grand rouge languedocien

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Produire ici un vin médiocre serait trahir la beauté des lieux. Sur les pentes du « Petit Causse » exposé plein sud, dernier contre-fort du Massif Central, dominant la plaine du Minervois, au loin l’arrête blanche des Pyrénées, le terroir de La Livinière imprime la pupille. En automne, ses parcelles disséminées dans la garrigue forment un  patchwork de nuances de rouge, de jaune et d’orange à faire stopper Matisse en route vers Tanger…

Par un ancrage à leur terre, à leur histoire et à leur bon sens, certains vignerons locaux conscients du potentiel de leur vignoble n’ont eu de cesse de le faire reconnaître. Maurice Piccinini président de la coop de la Livinière et Roger Piquet du Château de Gourgazeaud ont joué ainsi un rôle leader pour la reconnaissance de la l’appellation Minervois-La Livinière. Elle a été finalement obtenue en 1999.

Aujourd’hui, La Livinière rassemble 45 domaines en production avec tous les profils. La renommée du cru languedocien n’a pas manqué d’attirer de grands acteurs tels que les Grands Chais de France ou la famille bordelaise Cazes sans oublier Gérard Bertrand. Ils n’ont pas pris le dessus sur les viticulteurs historiques et/ou indépendants qui travaillent souvent des surfaces ultra-réduites à des rendements si faibles qu’ils en feraient pleurer les viticulteurs champenois ou alsaciens. Ici, on serait plutôt dans le « small is beautiful».

Pas étonnant que les vins de La Livinière comptent parmi les plus séducteurs et prometteurs du Languedoc. C’est un terroir de grands rouges à la trame puissante et des nuances olfactives et gustatives plus ou moins prononcées selon le sous-sol -argilocalcaire, schistes, grès- et les différents assemblages de carignan, grenache, syrah ou mourvèdre autorisés par le cahier des charges de l’appellation.

On est rarement déçus. Les gros loupés sont rares.  Labels bios ou non, vendanges manuelles ou machines, extractions plus ou moins poussées, élevages bois ou inox… les pratiques coexistent. A déguster certaines cuvées en verticales, on mesure certes un effet millésime -…parfois inattendu- mais aussi cette garrigue et cette fraîcheur qui peuvent s’emparer des coteaux. Surtout, on relève depuis une douzaine d’années l’émergence d’un style régulier, une signature qui marque une maîtrise de la vinification. Cette diversité se retrouve dans le prix des bouteilles.

De 15 € à 65 € pour d’autres bouteilles séduisantes, l’éventail des tarifs est large. S’ils peuvent sembler élevés, ils ont l’avantage de faire prendre conscience du côté  exceptionnel de ces grands vins que le temps rendra encore meilleurs.

 

Carte d’identité de  l’appellation Minervois – La Livinière

Date de création de l’appellation : 16 février 1999
Superficie : Si l’aire officielle de l’appellation représente 2700 ha, seuls 400  ha sont en production.
Production : 11 000 hl  (contre un total de 130 000 hl en AOC Minervois)
Rendement maximum : 45 hl/ha
Cépages : syrah, mourvèdre et grenache doivent représenter au minimum 60% de l’encépagement. ( dont 40 % au minimum de syrah et de mouvèdre).
Cépages complémentaires : carignan, cinsault, terret, piquepoul et ribaïrenc.
39 caves particulières et 2 caves coopératives
Les vins ne peuvent être commercialisés qu’à partir du 1er janvier de la seconde année qui suit la récolte.

Sélection de cuvées et de producteurs de la Livinière

 

 

 

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