Confinement d’automne

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Depuis le 29 octobre à minuit, c’est reparti pour une France confinée pour un mois au minimum. Un confinement d’automne décidé par Emmanuel Macron face à la prolifération implacable du Covid19. Les syndicats de restaurateurs ont eu du mal à renouveler les formules :  « nouveau coup d’arrêt qui pourrait être fatal… stigmatisation de notre profession ». 

Pour atténuer le choc, une série de mesures pas forcément réservées aux seuls restaurateurs ont été annoncées. A commencer par une aide mensuelle jusqu’à 10 000 € ouverte à toutes les entreprises de moins de 50 salariés fermées administrativement.   

Jeudi 29 octobre en soirée. La foule s’est pressée dans les bistrots pour les derniers verres avant le confinement.

A propos des loyers, épée de Damoclès pendue au-dessus des têtes des patrons de bars et restaurants notamment à Paris, un crédit d’impôt sera institué pour les bailleurs “compréhensifs”. «Tout bailleur qui sur les trois mois d’octobre, novembre et décembre 2020, accepte de renoncer à au moins un mois de loyer, pourra bénéficier d’un crédit d’impôt de 30% du montant des loyers abandonnés.» a expliqué Bruno Le Maire. Le geste très attendu n’empêchera sans doute pas des centaines de dépôts de bilan notamment chez ceux incapables de payer leurs loyers ces derniers mois. 

Autre mesure, ceux qui ont emprunté dans le cadre du PGE pourront obtenir un différé de remboursement d’un an, soit deux années au total de différé pour les  prêts garantis par l’Etat. «Un restaurateur… qui ne serait pas en mesure de rembourser son prêt à partir de mars 2021 pourra…attendre 2022 avant de commencer le remboursement du capital de son PGE. » a précisé le ministre de l’économie.

Concernant les exonérations sociales, toutes les entreprises de moins de 50 salariés fermées administrativement bénéficieront d’une exonération totale de leurs cotisations sociales.  En attendant, si la grogne monte, elle n’est pas le fait des restaurateurs mais plutôt de nombre de petits commerçants obligés de constater des situations de concurrence déloyale à commencer par celle du géant américain Amazon dont le Covid n’a pas manqué de doper la santé économique.

«Avec l’aide mensuelle de 10 000 €, beaucoup n’ont aucun intérêt à se lancer dans la vente à emporter. Dans mon cas, je la propose car je défends un art de vivre et je veux aussi mettre en avant les petits producteurs en vendant leurs produits pour ne pas laisser le terrain aux seules grandes surfaces. Quant à la livraison, hors de question de travailler avec Deliveroo ou Ubereats qui ne payent pas leurs impôts en France. »

Alain fontaine, président des maîtres-restaurateurs

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