Le boulet du loyer

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On le pressentait et l’enquête du GNI conduite courant octobre auprès de 1420 professionnels le confirme. Un sur deux n’est pas à jour de ses loyers. Et une fois sur deux la dette représente au moins trois mois de loyer. 

Après le personnel, le loyer est le second poste de dépenses des professionnels. « Il se situe entre 8 et 15% du chiffre d’affaires HT » explique Didier Chenet, Président du GNI.

«Neuf professionnels sur dix se sont adressés à leurs bailleurs  une large majorité n’a pas reçu de réponse favorable à la demande d’annulation des loyers le temps de la fermeture des établissements :

– 55% n’ont bénéficié d’aucune aide, ni annulation, ni report.

– 27% ont bénéficié d’une mesure de report de loyers, le plus souvent de deux à trois mois.

– et 18% d’une remise de loyers le plus souvent limitée à un seul mois.»

Le fait que les bailleurs des professionnels de l’hôtellerie restauration sont des privés (à 87%) explique en partie la situation selon le GNI.  C’est l’exemple d’ancien patrons de cafés descendants de bougnats devenus propriétaire des murs et dont le loyer du fonds représente parfois l’unique source de revenus. Depuis le Covid, c’est devenu parfois une source de tension entre les membres de la communauté auvergnate et aveyronnaise. Le couvre-feu ne fera qu’empirer les choses

Autres enseignements lourds de conséquences : 

• Un professionnel sur quatre estime que les relations avec sont bailleur se sont dégradées. Les premières menaces d’actions judiciaires en expulsion sont annoncées (dans 15% des cas) et même mises en œuvre par les bailleurs dans 7% des cas.

• Le recours au médiateur n’est pas une solution. Moins de 2 % l’ont essayé pour n’obtenir aucun résultat dans la quasi-totalité des cas.

• La situation est exacerbée à Paris en raison du coût de l’immobilier. Deux fois sur trois, le montant des loyers mensuels est supérieur à 10 000 € dépassant ainsi le montant maximal de l’aide du Fonds de Solidarité et pour trois professionnels sur quatre, le reste à charge après perception des aides est très largement supérieur à 5000€.

• Les aides de l’État ne couvrent pas l’ensemble des charges pour 95% des professionnels interrogés, le reste à charge se chiffrant à plus de 5 000€ par mois pour 2 professionnels sur 3. 

« On est loin du “zéro recette, zéro charge” annoncé par le gouvernement », commente Didier Chenet. D’où l’urgence pour le GNI de sensibiliser le gouvernement au problème des loyers que les professionnels ne peuvent pas payer et que les bailleurs ne peuvent pas abandonner. Et Didier Chénet de préconiser des solutions via le Fonds de Solidarité ou un crédit d’impôt dont pourraient bénéficier les bailleurs qui accepteraient d’annuler ces loyers.

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