Rungis plante son Village au Sirha

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« Il n’est de bon bec qu’à Paris ! » C’est un peu comme si Rungis souhaitait déclamer aux Lyonnais le célèbre vers de François Villon et leur rappeler que depuis le moyen âge, la capitale reste un pôle de concentration inégalé en produits d’excellence. Une trentaine de grossistes du marché de gros devraient ainsi poser leurs pénates au Sirha (salon international de la gastronomie)  sur un stand de 3000 m2 baptisé « Village Rungis ».

Ils sont bien décidés à démontrer la diversité du MIN (Marché d’Intérêt National) et leur sens du “sourcing” en produits exceptionnels. Tant il est vrai que le premier marché de produits frais au monde avec ses 234 ha affiche une surface légèrement supérieure aux Halles Bocuse de la capitale des Gaules.  Stéphane Layani, le patron de Rungis, a expliqué que c’était le boucher Olivier Metzger qui lui avait soufflé l’idée voilà trois ans et qu’elle s’était transformée en évidence dans son esprit. Il n’a pas dit mot, en revanche, sur le montant de la dîme payée au Sirha pour implanter son village …

Parmi les membres qui seront présents sur le stand lyonnais, Antoine Boucaumont de Le Delas connu comme pour être le cash-and-carry haut de gamme le plus “pointu” du MIN ou encore les Pousses en claire de David Hervé. Sans oublier le wagyu chilien et autres viandes d’exception de la maison Reihle-Martin présente dès 1905 aux Halles de Paris. Une chose est sûre, cette présence de Rungis au Sirha est vécue par certains grossistes comme une occasion de rebondir après une année 2016 éprouvante marquée par une chute des revenus importante suite à la désaffection des clients dans la haute-gastronomie parisienne qui a suivie les attentats. Ainsi espèrent-ils élargir leur zone d’influence hors du périmètre francilien. Et ce même, s’ils sont déjà nombreux à exporter hors des frontières de l’Hexagone.

Florence Hardy, la “Rabelaisienne” de “Médelys” s’agace de la circulation parisienne

rungis-hardyAvec Le Delas, son entreprise sera l’une des plus visibles de Rungis présente au Sirha. Florence Hardy n’a pas eu froid aux yeux quand elle a fondé “Médelys” en 1987. Plutôt haut-de-gamme l’entreprise propose 4000 produits à commencer par le caviar Médelys.  C’est aujourd’hui encore la seule entreprise du MIN à avoir été créée par une femme qui est également à l’origine d’une confrérie gourmande féminine « Les Rabelaisiennes…».

Tout femme qu’elle soit, Florence Hardy doit être remontée contre la maire de Paris au chapitre embarras de la circulation. «Aujourd’hui, nos chauffeurs doivent partir à 5h30, soit une heure plus tôt pour les tournées dans Paris du fait des embouteillages pour revenir à la même heure. En comptabilité analytique cela représente un surcoût d’exploitation de 15 à 17%.» Au-delà, Florence Hardy s’interroge à propos du bannissement des véhicules diesels dans Paris à partir de 2020. «Je dois avouer qu’on n’a pas encore trouvé de solution alternative électrique pour les véhicules comme les nôtres de 3,5 tonnes en charge utile.»

 

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