Si la fête de la Gastronomie était une danse sur un volcan…

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C’est l’âme allègre que Stéphane Layani, le président de Rungis et parrain de la Fête de la Gastronomie, a déclaré ouverte l’édition 2017 consacrée au produit. «Qui peut mieux que Rungis parler du produit ! » s’est-il opportunément exclamé à la Cantine du Troquet de Christian Etchebest. Le patron du MIN était flanqué de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et de Stéphane Travert, en charge de l’Agriculture. Ainsi qu’une escouade de chefs d’Euro-Toques emmenés par Guillaume Gomez, chef de l’Elysée et Michel Roth.

Aucun « élément de langage » n’a manqué pour l’occasion : du  « repas des Français classé par l’Unesco » au salut aux producteurs de la « ferme France » en passant par  l’hommage au travail des grossistes et autres mandataires œuvrant à Rungis.


« Ici, 3000 cuisiniers viennent chaque année puiser leur inspiration » a expliqué en substance le patron du MIN ( Marché d’Intérêt National). Stéphane Layani en a profité pour citer Emmanuel Macron, un des ambassadeurs de la Commanderie de Rungis qui fêtera ses 20 ans le 16 octobre. Il l’a remercié pour son aide, notamment la prolongation de la concession du MIN jusqu’à 2050. Ce qui lui a permis, a-t-il expliqué, d’investir 1 milliard d’euros, par exemple dans la construction d’un nouveau pavillon dédié au porc. Ou encore dans le lancement en mai prochain, d’une « Market-place B2B (le business inter-entreprises)», sorte «d’Amazon à la française». Sauf que le géant américain est d’abord du B2C (business to customer). Et que l’alimentaire fait partie de ses priorités. Ainsi à Rungis, bien des acteurs commencent à redouter la porosité entre grossistes et grand public. Et certains de citer en exemple des pièces de bœuf signées Metzger que l’on retrouve sur Amazon Prime..

Par ailleurs, au même moment, 200 agriculteurs de la FNSEA bloquaient l’accès aux Champs Elysées pour protester contre l’interdiction prochaine du glyphosate et la possibilité d’importer des produits agricoles traités avec le produit phare de Monsanto. A commencer par le fameux soja OGM qui alimente une partie du cheptel bovin français.

Or en février 2017, Bernard Fournier, président honoraire d’Euro-Toques a présenté une motion – votée à l’unanimité des membres de l’association-. Elle visait à alerter le ministre de l’Agriculture du danger de la reprise de Monsanto par l’Allemand Bayer. «Demain, à cause des OGM, du Round-Up et des différents produits chimiques sortis des usines, les diversités culturales et culturelles n’existeront plus. La nature vivante ne sera plus qu’un produit marketé, transformé, muté au service d’un Léviathan. » Et Euro-Toques d’en remettre une louche en demandant une suspension du traité CETA (libre échange avec le Canada) car il pourrait ouvrir par exemple la possibilité de retrouver dans nos assiettes du saumon transgénique canadien. Décidément la fête de la Gastronomie s’apparente parfois à une danse sur un volcan.

En savoir plus sur les 11700 événements de la Fête de la Gastronomie :

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