Pour Pascal Mousset : “Pas question d’être récupérés” le 14 décembre !

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Interview de Pascal Mousset, président du GNI Paris-Ile-de-France 

Tous les manifestants du 14 décembre auront-ils les mêmes revendications. Certains ne vont-ils pas réclamer une ouverture immédiate des restaurants ? 

Notre mot d’ordre c’est « laissez-nous travailler, nous sommes essentiels». On ne veut pas précipiter la réouverture des établissements et on ne veut pas de slogans politiques qui s’en prennent aux pouvoirs publics. 

On veut juste faire de la pédagogie en expliquant que les propriétaires nous demandent de payer douze mois de loyers alors qu’on a été fermés plus de cinq mois et que les assurances n’ont pas joué le jeu. 

Nous  acceptons la réouverture le 20 janvier et nous sommes prêts à appliquer des protocoles sanitaires. 

Mais on ne peut pas nous mettre sur le dos la reprise épidémique car nous sommes fermés depuis le 29 octobre. Nous souhaitons juste un peu d’autorité dans le respect des protocoles. Que les mauvais élèves soient fermés. Aux Galeries Lafayette le week-end, personne ne respecte le protocole. 

Il y aura des prises de paroles successives prévues. Nous souhaitons attirer l’attention sur le fait que nous sommes essentiels et qu’aujourd’hui, le compte n’y est pas en matière d’aide. Les assureurs et les bailleurs ne font pas preuve de solidarité. Ils n’ont pas mis au pot. 

Justement parmi les bailleurs qui veulent être payés intégralement, il y a aussi d’anciens brasseurs et cafetiers ? 

Si ces anciens du métier ne savent pas ce que c’est qu’un tiroir-caisse, il faut qu’ils revisitent leurs fondamentaux !  Avec les propriétaires, nous sommes obligés de saisir les tribunaux pour mettre en avant l’argument de l’exception d’inexécution. Pour l’instant, aucun tribunal n’ a condamné au paiement ou à casser un bail. Mais je pense qu’une jurisprudence s’établira dans quelques mois qui pourrait admettre que sur cinq mois de fermeture on en paye que la moitié. Une sorte de jugement de Salomon.

Et l’Etat ? 

Il a fait beaucoup. Nous lui demandons encore de nous accompagner pour le chômage partiel une bonne partie du premier semestre 2021. Je pense qu’il va le faire. Le seul regret c’est qu’il s’agit d’une politique des petits pas. Ainsi, on ne connaît pas encore le détail des mesures pour après  le 1er janvier. Les annoncer au dernier moment risque de créer un stress inutile. 

Quelle serait votre réaction si des personnalités politiques intervenaient lors de la manifestation ? 

Pas question d’être récupérés. Nous sommes sur des revendications professionnelles. Pour ma part, je me dissocierai complètement de gens qui viendraient demander une ouverture pour les fêtes ou d’une personnalité politique qui s’inviterait à prendre la parole. Personne, hors les responsables prévus, ne sera autorisé à prendre la parole. 

Et si l’ouverture des restaurants prévue le 20 janvier était repoussée en raison d’une troisième vague de l’épidémie ? 

On régirait politiquement très fort en disant que ce gouvernement n’a pas pris les mesures nécessaires pendant les fêtes et n’a pas tenu compte des exemples de Thanksgiving aux USA et au Canada et qu’il n’a pas l’autorité nécessaire pour faire respecter les gestes barrières. Et on demanderait un accompagnement économique massif. Demander de l’argent est tout ce qu’on peut faire puisqu’on nous empêche de travailler.  

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