Henri Bardouin, pastis de cocktails ?

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Henri Bardouin demeure l’archétype du pastis haut de gamme. Au Concours Général Agricole 2017, il a décroché une médaille d’or, une de plus…. Ce savant mélange de 65 herbes continue de progresser en termes de part de marché sur le créneau des anisés : +10% en 2015, + 8% en 2016. Et même à l’export grâce au marché francophone (Québec, Belgique, Suisse..). Car pour le reste, le pastis ne perce pas à l’étranger sauf chez de fervents francophiles. Ce qui n’empêche pas Alain Robert, le pdg des Distilleries et Domaines de Provence de rêver parfois à un succès mondial inespéré à la façon de la tequila mexicaine. Du côté de chez Ricard, on s’est aussi employé durant des décennies à concrétiser ce rêve. En vain.

Avec son pastis Henri Bardouin, Alain Robert ne craint pas les challenges. Depuis quelques années, il l’a sorti du préliminaire de l’apéro pour le transformer en boisson repas. Pas trop dosé, le  Bardouin  accompagne à merveille une cuisine méditerranéenne, encore que certains audacieux l’accordent avec joie avec une andouillette de Vire … Désormais, le patron de ce pastis haut de gamme fait le forcing pour pénétrer l’univers fermé des cocktails. Mais pas question de gommer la complexité du  “Bardouin” sous un sirop quelconque pour en faire une « tomate » ou une « mauresque » , il s’agit de susciter la créativité chez des bartenders suffisamment audacieux pour démontrer que le Bardouin peut ainsi être un ingrédient aussi valorisant qu’un pure malt ou un dry gin et ébranler les bastilles des « bars conservateurs » qui ne débitent que bloody-marys et autres gins toniques.

 

Alain Robert, militant anti-INAO
Le patron des Distilleries et Domaines de Provence a beau surfer sur la tradition provençale du pastis, il ne croit pas aux AOC et autres signes de qualité. «Je suis un militant anti-INAO, proclame Alain Robert. Les signes de qualité protègent des positions acquises et empêchent toute évolution. Voilà pourquoi les vins français reculent sur le marché mondial, car ils sont incapables de répondre aux attentes du marché ».
Le mot Provence est sans doute à l’origine de cette position radicale. « On n’a pas le droit de mettre le mot Provence sur un alcool. Le terme est préempté par les côtes de Provence. » Difficile à avaler pour une distillerie qui fait du pastis à Forcalquier depuis des décennies. Pour Alain Robert, c’est la marque avec sa notoriété qui est le garant de l’authenticité du produit. Une opinion défendue également voilà quelques années par Patrick Ricard, qui n’était pas, lui non plus, un chaud partisan des appellations.

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