Le Père Claude

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Ce Père Claude est un restaurant à l’ancienne. Une affaire incarnée par un patron-chef, Claude Perraudin. Quand on pousse la porte, c’est sur lui qu’on tombe. Derrière son comptoir, il évoque un batteur de Big Band. Face à sa plancha, il fait sauter avec le tempo d’un « Duke » saint-jacques ou rondelles d’andouillettes. Ses petites cocottes de fonte dans lesquelles mijotent petits légumes qui l’entourent semblent autant de cymbales. Dans son dos, de gras poulets prennent le temps de fondre sur la rôtissoire.

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C’est aussi une affaire d’habitués avec ses célébrités dont les photos ornent les murs et vous font une réputation. A l’heure de la « peopleisation » outrancière, l’impact se raccourcit car autrefois, avoir eu Chirac ou Belmondo, ça vous posait pendant quelques années …
On imagine bien que sa tête et langue de veau sauce ravigote (24€) a dû régaler l’ancien Président de la République. Car voilà, c’est bien sûr cette « cuisine franche » qui porte haut le flambeau de la tradition de cette affaire.

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Avec sa terrine maison (9,5€) sa salade landaise ( 18€) mais aussi ses rognons et ris de veau  à la plancha tortellinis et crème truffée (36€).
Le bonhomme n’est pas toujours facile. Quand le rôtisseur prend un coup de chaud, l’humeur patronale peut se transmettre au personnel … Rien de rédhibitoire, car la salle vaste et claire, amortit les tensions. Dans ce bistrot cossu où les tables sont espacées, on prend le temps de se poser. Les statuettes des personnages de Tintin ou de Coluche et Gainsbourg participent à l’atmosphère.

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Disons que les avis sont partagés sur ce père Claude. Sa maestria du chef patron à travailler produits carnés ou iodés avec un talent digne d’un rôtisseur du Grand Siècle est saluée unanimement. Mais quand le patron n’est pas aux fourneaux, la maison n’est pas à l’abri de quelques défauts comme un pot-au-feu servi sans carotte ni os-à-moelle qui peut brouiller un peu l’image de la grande tradition. Mais que le bistrot à qui  cela n’est jamais arrivé lui jette la première pierre…

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Question vins, le père Claude débute gentiment avec une côte roannaise signée Sérol à 18 €. Tout le monde n’en fait pas autant. Mais on monte vite dans les tours avec un saint-joseph de Colombo (45 €) et surtout une sélection bordelaise bien sentie de pauillac et autres margaux et autres saint-julien à des prix à trois chiffres pour les belles clientèles.

Le Père Claude
51, avenue de la Motte-Picquet
75015 Paris
tél. 01 47 34 03 05

Menu à 29.5€ le midi en semaine
Entrée du jour ou Terrine maison
Plat du jour ou Poulet rôti à la broche
Café gourmand
Verre de vin

Menu à 35€ (E+P+D)

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