Le grand domaine ancestral des Schlumberger 

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Séverine Schlumberger travaille avec son frère qui a pris en 2017 les rênes du domaine familial. Avec 160 ha – dont 70 en Grand Crus- c’est le plus grand domaine privé d’Alsace. Et sans doute le seul à proposer une telle diversité de blancs. Pour entretenir les 50 km de murs de pierres sèches qui soutiennent les parcelles en terrasse, trois maçons à temps plein travaillent les pierres à la façon des Romains.

Au bas des coteaux, on aperçoit Guebwiller, ville adossée aux Vosges où Nicolas Schlumberger créa en 1810 ses filatures. Et planta dans le même temps une vingtaine d’hectares de vignes pour témoigner son attachement à la terre.  Dans les années 20, l’arrière grand-père a racheté 2000 parcelles et considérablement étendu le domaine en le faisant passer de 40 à 140 ha. Et durant les années 70, c’est le père de Séverine qui a tout replanté. «Le domaine emploie 53 personnes, il s’autofinance mais n’a jamais versé un dividende. » explique-t-elle. «Chez les Schlumberger, on est un peu les culs-terreux.» badine-t-elle, façon de rappeler que dans cette grande tribu protestante qui a donné des banquiers, des scientifiques ou des leaders dans le forage pétrolier, elle et son frère demeurent ancrés dans le terroir alsacien ancestral.
On l’aura compris, Séverine Schlumberger ne colle pas vraiment avec l’image de la « protestante » sage et réservée surtout quand il s’agit de défendre sa vision des vins d’Alsace. « Il faut arrêter de parler de complexité aux consommateurs ! C’est négatif. On oublie de dire  que l’Alsace c’est facile. » Surtout quand vient l’heure de la dégustation des vins du domaine.
On ne peut que se ranger à ses arguments tant l’éventail de la gamme Schlumberger semble pouvoir répondre à chaque attente. Les Princes Abbés (de 10 à 15€) – hommage à l’Abbaye médiévale détruite sous la Révolution- déclinés dans tous les cépages alsaciens en sont la preuve. Comme ses quatre Grands Crus (Saering, Spiegel, Kessler, Kitterlé). Ne parlons pas de la Cuvée Eric 2015 – hommage au père. Une vendange tardive de Riesling bluffante et délicate aussi facile à boire que difficile (complexe ) à définir…
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