Le Napoléon de la restauration réclame une TVA à 5,5%

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Olivier Bertrand – patron de Groupe Bertrand, le 2ème groupe de restauration- attend beaucoup de l’Etat comme il l’a confié à divers médias. Cela va de la baisse de la TVA à 5,5% à l’extension des exonérations de charges patronales aux grandes entreprises -comme la sienne – pour l’instant réservées aux établissements réalisant un chiffre d’affaires de moins de 2 millions d’euros. Comme d’autres, il crie aussi au scandale face au refus des assurances d’indemniser le préjudice d’exploitation.

Olivier Bertrand cite l’exemple de l’Allemagne – qui a décidé de faire passer son taux de TVA sur la restauration de 19% à 7% à partir de juillet pour une période d’un an. Dans cette proposition, il est aidé par Frédérique Lardet, son ex-collaboratrice entre 2004 et 2009, aujourd’hui députée de Haute-Savoie (LREM) et membre du Conseil Interministériel du Tourisme qui a proposé la mesure au Premier ministre le 30 avril dernier. Une idée que ne partage Didier Chenet, président du GNI

Cette prise de parole du « Napoléon de la restauration » n’a pas manqué d’interpeller dans le milieu. On le sait, le patron-fondateur issu du milieu de la limonade auvergnate a conduit une croissance inédite et fulgurante. Son empire compte près d’un millier de restaurants – s’étageant du luxe d’un salon de thé comme Angelina, avenue de Rivoli au modeste Quick de banlieue- et emploie 34 000 personnes. Son chiffre d’affaires a bondi en cinq ans de 600 millions à 2 milliards d’euros. On imagine que le groupe soit lesté d’un endettement hors-norme et à tiroirs suite à une myriade de rachats (dont le dernier en date est Léon de Bruxelles) et à des rénovations réussies de restaurants ( tel le Grand Café Capucines sur les Grands boulevards).


Pour bien des observateurs, c’est davantage le financier que le restaurateur qui s’est exprimé en assurant que ses affaires étaient solides et qu’il avait le soutien de ses partenaires financiers. En faisant un (discret ?) -appel du pied à l’Etat en expliquant qu’il créait 5000 emplois en CDI par an.
De quoi faire réfléchir bien des indépendants dont beaucoup -dans une proportion de 15 à 20% – vont se retrouver sur la sellette le jour où l’Etat stoppera le chômage partiel. Ce qui pourrait entraîner au minimum 150 000 licenciements …

Pour un peu, on aurait presque oublié qu’Olivier Bertrand est aussi le prince du burger juste derrière MacDo. Et qu’à côté de ses brasseries (Pied de Cochon, La Lorraine etc..,) et de ses chaînes de restaurants traditionnels (Hippopotamus, Au Bureau..), il est aussi à la tête de Burger King -plus de 400 établissements dont 60 possédés en propre- et des ventes estimées au milliard d’euros qui assureraient 60% des revenus du groupe avec les autres fast-foods que sont les Quick… «Vu sous cet angle, on peut comprendre que son intérêt soit d’ouvrir au plus vite ses Burger King de façon à générer du cash. Ce qui ne sera pas notre cas…» analyse un membre du GNI. Contrairement aux restaurants classiques, il suffit de voir les embouteillages qui se forment autour des drives des MacDo pour se convaincre que les fast-foods souffriront beaucoup moins que les bistrots… Les clients apprécieront de voir un préparateur de Whopper masqué. Pour un chef de rang de la Coupole ce sera une autre histoire…

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