Bourdoncle-Perceva, la fin d’une certaine « limonade auvergnate »  ?

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Les fonds d’investissement déboulent dans les bistrots. Ainsi le fonds Perceva -actionnaire de Dalloyau notamment,- va s’associer à Thierry Bourdoncle pour créer Groupe Bourdoncle. Selon Le Monde, ce dernier devrait y loger son Café Mabillon mais garder en propre sa  collection  d’établissements dont le Hibou , le Brébant, le Café Delmas…Une vingtaine de cafés parisiens sans compter ses participations minoritaires. Perceva devrait injecter quelques dizaines de millions d’Euros dans Groupe Bourdoncle pour financer six acquisitions d’ici 2018 à commencer par une brasserie à Mégève. La preuve que le monopoly des beaux cafés n’est plus seulement parisien.

D’ailleurs c’est par Saint-Tropez que le nom de Thierry Bourdoncle a franchi les frontières des cénacles lorsque ce dernier a racheté fin 2012 Sénéquier.
Fils de bougnat propriétaire du Café Mabillon, il a la réputation d’un cador plus doué dans la limonade que pour la cuisine. Ses affaires sont toujours de beaux emplacements boostés par des décos chatoyantes souvent signées Lafond-. Il a longtemps, dit-on, lié son destin à celui du distributeur de bière Tafanel avant de voler de ses propres ailes.

Après Olivier Bertrand devenu N°2 CHR qui vient de reprendre Flo, cette annonce est un signe de plus de la restructuration du CHR à Paris et en Province. Pour certains, elle signe la fin d’une époque, celle des indépendants dans les beaux emplacements. Pour d’autres, elle marque également une mutation et peut-être un premier coup de grâce à « l’Auvergne limonadière ». Un système unique de réseaux d’Aveyronnais et d’Auvergnats où les fournisseurs de vins de cafés ou de bière ont durant des décennies financé le développement de leurs clients… quand ils étaient à la hauteur. Ils n’avaient donc pas besoin de financiers et s’assuraient une fidélité sans faille de la part de leurs clients. Le système a permis à des dizaines jeunes sans le sou montés à Paris se faire une situation prospère. Pas sûr que Perceva soit capable de faire mieux sur ce point-là. Ne parlons pas de l’idée du bistrot que l’on se fait, centrée autour d’un patron…capable de payer un coup à un client…

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