Naissance d’un géant de l’andouillette

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Le Groupe Popy, l’un des principaux charcutiers des brasseries,  renforce son leadership sur l’andouillette avec la reprise de l’entreprise Amand-Bianic annoncée le 6 juin. Derrière Popy, ce sont les marques telles que Duval, Chedeville, Bernaudeau ou La Champenoise. Quant au Groupe Amand-Bianic implanté dans l’ouest, il est connu pour ses marques Amand Terroir, Amand Traiteur, Rivalain et Paul Danjou haut de gamme de l’andouillette. Amand-Terroir est notamment le principal producteur d’Andouillette de Vire et de Guéméné. En novembre 2016, l’entreprise a aussi décroché un label rouge pour son andouillette auprès de l’INAO.

Popy qui « avale»  Amand Terroir, c’est un peu comme si Volkswagen rachetait Mercedes. Parmi les industriels, seul demeure face à lui le groupe Gilbert-Lemelle de Troyes. Et bien sûr, une myriade d’artisans. Mais après tout, pourquoi l’andouillette n’échapperait-elle pas à la tendance du capitalisme vers toujours plus de concentration … Il semble peu probable que l’Autorité de la Concurrence soit saisie compte tenu du montant des chiffres d’affaires en cause, bien inférieur au seuil minimum requis de 100 millions d’euros … Sauf à abuser de sa position dominante.

Un industriel quadruplement diplômé 5A…

Laurent Jolivet, patron du Groupe Popy exhibant son diplôme 5A obtenu pour l’andouillette Duval

L’annonce de ce rachat a créé un peu de perplexité chez certains membres de l’association 5A qui depuis près de soixante ans décerne un diplôme aux meilleurs producteurs d’andouillettes. Laurent Jolivet, patron de Popy est déjà diplômé pour ses andouillettes Père Duval et la Champenoise. Il va se retrouver titulaire des deux diplômes de Gilles Amand pour les fabrications Amand Terroir et Paul Danjou.«Cela va obliger l’association à un contrôle régulier des produits par des achats anonymes. Les produits d’origine “industrielle” se retrouvent sur les linéaires des grandes surfaces. Ils sont aussi revendus par des intermédiaires, Metro et autres, à de nombreux “artisans” charcutiers, non élaborateurs eux-mêmes et à des restaurateurs soucieux d’afficher 5A sur leurs cartes mais recherchant le moindre prix. En raison des tonnages importants, cela engage l’image de l’AAAAA», relève Jacques-Louis Delpal, président de l’Association.

Force est de constater que jusqu’à présent le Groupe Popy n’a pas failli en termes de préparation pour ses produits labellisés 5A. Son dirigeant, Laurent Jolivet, tient devant la presse un discours de défense de l’artisanat et de maintien des savoir-faire pour chacune de ses entreprises. Croisons les doigts qu’il poursuive sur cette lancée et fasse profiter ses clients des meilleurs tarifs en chaudins qu’il ne devrait pas manquer de négocier avec les abattoirs.

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