Sébastien Bras tourne le dos à Michelin

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Tout le monde n’a pas été à la fête malgré cette 7ème édition de la Fête de la Gastronomie. Les équipes du Guide Michelin se sont pris un « vent » d’Aubrac, un Ecir comme on l’appelle là-bas, à décrocher les étoiles. Le 20 septembre, par communiqué vidéo Sébastien Bras, un de ses 27 chefs triplement étoilés leur a tout simplement demandé de ne plus y figurer. Il renonce aux 3 macarons décrochés en 1999 par son père Michel pour le restaurant du Suquet à Laguiole qu’il dirige depuis 2007. Il a prévenu les équipes Bibendum seulement la veille.

« A 46 ans, je veux donner un nouveau sens à ma vie : ma vie professionnelle, ma vie en général, et redéfinir cet essentiel», explique-t-il, estimant avoir, en 10 ans avec sa femme Véronique, « relevé et réussi le défi ».

Outre la pression permanente sur chaque assiette, c’est aussi une façon de faire omnipotente évoquant presque une façon de faire de douanier de Bercy, qui peut expliquer en partie la réaction du chef du Suquet et de son épouse. Voir un inspecteur débouler un lundi, jour de fermeture, en demandant de se faire ouvrir l’établissement pour explorer les lieux passe mal. Devoir répondre à « l’invitation » pressante à se rendre au siège de Boulogne-Billancourt pour expliquer pourquoi le restaurant n’est ouvert que 170 jours/an et se faire reprocher d’être le seul parmi ses pairs à ne pas venir régulièrement au siège, également.

Sébastien et Michel Bras pendant le coup de feu dans leur restaurant du Suquet en mai 2006

Michel Bras, le père, classé meilleur cuisinier du monde, a longtemps cultivé son quant-à-soi, se tenant éloigné du vedettariat des grands chefs  qui s’accompagne parfois d’une litanie de partenariats avec l’agro-alimentaire et  qui se trouve éloigné du fait-maison et du bio. Il semble que le fils ait renforcer cette logique. A preuve, en janvier, les Bras -père et fils- rejoignaient la jeune Alliance Slow Food des Chefs prônant un rapprochement entre paysans et chefs.

Ironie de l’histoire, cette récusation du Michelin intervient alors que rien ne semblait devoir arrêter la progression du Guide Rouge. En juillet, il venait de racheter le guide des vins Parker et le 1er septembre, il avait repris 40 % du Fooding…dont le fondateur, Alexandre Cammas, Aveyronnais, était justement venu fêter la vente au restaurant de Laguiole des Bras sans révéler l’objet de sa bonne humeur.

Les équipes du Michelin ont expliqué, que le Michelin appartient aux lecteurs et qu’ils pourraient bien conserver le Suquet dans ses pages. Sauf à frôler le ridicule en prenant le risque de lui retirer une étoile que justement Sébastien Bras ne veut plus…

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