Brasserie La Lorraine

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Une Lorraine bien iodée depuis 1924

lorraine-chefVaille que vaille, le Paquebot de la place des Ternes maintient son cap. La Lorraine, auguste brasserie parisienne, n’a de lorrain que le nom. Initialement appelé « Café des Négociants », l’endroit est racheté par un bougnat corrézien du quartier des Ternes au lendemain de la guerre de 14-18. A force d’extensions, François Pouillanges parvient à en faire un endroit imposant. En 1924, il rebaptise le café du nom de la province de Jeanne d’Arc pour saluer son retour dans le bercail national. Très vite, sa Lorraine va devenir à la fois un emblème des années folles et une des meilleures huîtrières de la capitale. Mais aussi, un rendez vous du Tout-Parisdu fait de sa proximité avec les salles de spectacle Wagram et Pleyel. Charlie Chaplin ou Claude François compteront parmi ses clients les plus fidèles. Et aujourd’hui, bien des « peoples » continuent d’y affluer.

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lorraine_mosaiqueLa Lorraine est rachetée par les Frères Blanc en 1998 après qu’une rumeur ait voulue qu’elle devienne un gigantesque McDo… En 2004, après six mois de travaux, la brasserie fait peau neuve sous la patte de l’architecte Jean-Pierre Heim. Sa modernité va, au début, rebuter quelques vieux habitués transgénérationnels…

Ses mosaïques redécouvertes durant les travaux signent désormais l’endroit, la « nouvelle » Lorraine, avec ses lustres en cristal Saint-Louis qui la font scintiller dans la nuit, conserve tous les codes de la brasserie festive et luxueuse. La formule a su finalement convaincre les plus rétifs des villageois des Ternes et de la plaine Monceau d’y revenir.

La porte poussée, un son à la fois allègre et chaleureux mais jamais assourdissant accueille les entrants. Cette Lorraine respire toujours l’iode à plein nez. Il suffit de jeter un œil au banc de fruits de mer, à l’angle de la rue du Faubourg Saint-Honoré où officie son huîtrier champion Rabah Guechoud. En 2015, il a repris son titre champion de France des écaillers 2015 qu’il avait décroché deux ans plus tôt. Il est à la tête d’un des plus beaux bancs de Paris : Marennes Oléron, Gillardeau, Cadoret, plates de Belon, Saint-Vaast. Sans oublier tourteaux, boulots, et couteaux…

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Pour ceux qui ne commandent pas de fruits de mer, le bar sauvage rôti en croûte de sel (112,40 € pour deux) demeure un grand classique. Et quand les Saint-Jacques sont au menu, Gérard Delaunay, le chef de la Lorraine, peut les faire fricoter avec quelques cèpes.

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lorraine-paris-brestEvidemment, vu la notoriété de la maison qui a intégré la guilde des Maîtres Restaurateurs, tout est maison à l’exception des escargots. Le Paris-Brest est formidable dans le palais. Peut-être moins dans les mollets… Idem pour la crème brûlée et sa vanille de Tahiti aérienne comme un nuage au-dessus du lagon et craquante comme le premier regard lancé par la vahiné, fille du roi de Tahiti, au second du Bounty, Christian Fletcher, interprété en 1954 par un certain Marlon Brando qui a dû lui aussi faire un détour par La Lorraine.

 

 

Brasserie Lorraine – Place des Ternes – 75008 Paris – Tél. 01 56 21 22 00
Métro : Ternes
7 jours/7 de 7h à 1h
Formule Déjeuner Affaires E+ P ou P+D =29 €

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