Dominique Piron : “Nous avons plutôt de bons atouts”

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Interview de Dominique Piron, Président d’Interbeaujolais.

 
Le confinement ne risque-t-il pas de précipiter la fin des domaines fragiles en Beaujolais ? 

Certains vont abandonner à partir du moment où on devrait perdre de 20 à 25 % de chiffre d’affaires. Mais on vend de 15 à 16 millions de bouteilles en quelques jours, ce n’est quand même pas si mal, vu le climat économique. 

Contrairement à d’autres vignobles, le beaujolais a connu un bel été dit-on  ? 

Fin juillet 2020, nous étions au même niveau qu’un an avant. Depuis, nous avons reperdu toute l’avance que nous avions. Même à l’export, nous sommes l’un des vignobles les moins impactés. Il en va de même pour la grande distribution. Tout cela est le fruit d’amélioration de notre image construit durant ces trois dernières années. On est plutôt dans un bon cycle.


Mais  le beaujolais demeure très exposé vis-à-vis du CHR ?  

En fait, on ne vend pas tant que ça au CHR qui représente à peine 10% pour le Beaujolais nouveau. Mais la grande distribution se maintient et les cavistes l’apprécient d’autant qu’il y a toute la diversité de nos vins, des vins bio, des vins nature…

Les Anglais ont beaucoup « picolé » et on a bien vendu.

Et l’export ?  

Pour l’export, c’est moins 25% de chiffre d’affaires sur le Japon. Cette baisse est principalement due aux coûts du transport. La Chine continue d’être “compliquée” pour tout le monde. Finalement c’est l’Angleterre qui a sauvé la région. Les anglais ont beaucoup « picolé » et on a bien vendu. C’est un cycle.  Il y a 45 ans, les Anglais ont été les premiers à boire du primeur. Ensuite, ils se sont jetés sur les vins du nouveau monde et maintenant ils reviennent à des vins d’appellation simple comme les vins de Loire ou les vins du Beaujolais. 


Les beaujolais nouveaux peuvent-ils redevenir des beaujolais villages ? 

Oui, tout à fait. Le « nouveau » peut être replié en beaujolais ou en beaujolais villages. Ce que l’on ne voudrait pas, c’est que ce qui a été vendu en vrac reste en palette. Mais ça devrait pouvoir s’écouler car nous sommes la région qui a le moins de stocks avec des petites récoltes et une bonne qualité. Nous avons donc plutôt de bons atouts.  

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