Craquez pour l’AOC Rosette !

0

Pas de méprise. Rosette n’est pas une séduisante hétaïre dispensatrice de jeux coquins et galipettes tarifées. C’est une appellation tout ce qu’il y a de plus sérieux, aux dimensions « mouchoir de poche », qui propose de ravissants vins blancs moelleux. Et non pas des rosés comme son patronyme peut le suggérer.

Au nord de Bergerac, dans un amphithéâtre de collines qui, à l’ouest du vignoble de Pécharmant, s’atténuent en douceur vers Prigonrieux («profond ruisseau » en Occitan), est installée l’appellation la plus secrète, la plus discrète, la plus confidentielle de la région. C’est Rosette. Rosette la jolie, Rosette la coquette, Rosette la câline pour tous ceux qui ont eu -et auront ! – le bonheur de l’approcher. 

Le vignoble du Château de Rooy

      Un vignoble renaissant

Il a bien failli passer de vie à trépas le vignoble de Rosette, reconnu A.O.C. en 1946. Aux alentours des années 1990 il ne comptait plus que 5 ou 6 vignerons qui s’obstinaient à mettre en condition optimale sémillon, sauvignon et muscadelle. Rosette, vin connu de rares initiés, paraissait agonisant. Les causes ? – Multiples avec, entre autres, le dramatique gel de 1956, une urbanisation rongeuse d’espaces dans toute la périphérie sud de Bergerac, une com balbutiante très loin de son efficacité actuelle. Il faudra attendre 2008/2010 pour assister à un timide réveil dû au fait qu’une clientèle jeune, avide de découvertes inattendues, délègue à ses papilles le pouvoir de flirter avec des vins moelleux peu chargés en sucre. Ce sucre déclaré ennemi de la santé publique- à l’instar du vin, n’est-ce pas ?- ce sucre présent à peu près partout dans la chaîne alimentaire… 

Les chiffres repères de cette mini-appellation évoluent rapidement. Pour l’heure, et sous toutes réserves, il serait question d’une production d’environ 400 à 450 hl issus d’une douzaine d’hectares répartis entre quelques vignerons, par ailleurs producteurs d’autres vins d’appellations bergeracoises. C’est donc une vraie niche, Rosette et, pour en montrer le caractère précieux, peut-être suffirait-il de se reporter au vocabulaire de la liturgie chrétienne, laquelle définit une niche comme un petit baldaquin destiné à exposer le « Saint Sacrement ». Pas moins ! Tudieu ! Rosette n’en est pas encore là. Rosette se contente de surprendre les palais. Et la niche en question pourrait alors passer pour une malicieuse attrape faite au consommateur. Signe des temps, une partie de la zone de Pécharmant, légalement autorisée à produire des vins de Rosette- communes de Lembras, Creysse et une partie de Bergerac- voit quelques –uns de ses meilleurs vignerons se lancer dans la production de ces pimpants vins moelleux qui, désormais, ne craignent pas de se hausser du col.

Share.

Comments are closed.