Author: Pierre Carbonnier

En ce pittoresque pays ardéchois, durement marqué par l’Histoire, le vin a longtemps passé pour « une horrible piquette ». Jusqu’à ce que des vignerons passionnés ressuscitent un vignoble qui, désormais, ne court plus dans la forêt . Un vignoble qui recèle d’étonnantes découvertes gustatives, à l’instar de celles dispensées par un cépage quasi oublié: le chatus. C’est un sacré diable ampélographique, le chatus, parfois nommé « provereau », « houron » ou « mouraud ». Robuste, productif, très à l’aise sur les sols de grès, il s’est même payé le luxe de narguer le phylloxéra du haut de ces « murettes » érigées, selon Jean Ferrat, « jusqu’au sommet de la colline ». Il avait…

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La souriante Alsace semble parfois s’amuser à surprendre le visiteur lambda. Ce dernier, souvent orienté vers les grands cépages blancs qu’il a dû forcément goûter, se montre curieux, voire intrigué, si le vigneron lui propose rouges et rosés élaborés à partir du meilleur cépage rouge des régions septentrionales, cépage plus connu que le loup blanc : le pinot… noir. Gourmandise pinotée C’est à Wettolsheim, à une portée de flèche d’Eguisheim, que la maison familiale Butterlin s’est implantée. Et c’est une belle équipe, qui vous reçoit. Cornaquée par Jean, doyen expérimenté auprès duquel Suzanne, Frédéric et Thomas puisent leur énergie bachique,…

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Installés dans ce paradis corse de Ghisonacia où les touristes aiment à se prélasser, les Vignerons d’Aghione qui ne manquent pas d’audace bachique, ont tiré de l’oubli un cépage rarissime: le cargaghjolu neru. Certains puristes tiennent à orner sa graphie d’un accent grave final -« cargaghjolù »- lui qui, venu de la Sardaigne, via Bonifacio, fut identifié « caricagiola » ou « garricadolza » par les ampélographes italiens, et parfois… « bonifaccenco » sur l’Ile de Beauté. Bien que vigoureux et fertile, ce « carcajolo », malgré son intense pouvoir colorant, fut seulement classé « cépage autorisé » en Corse. Les jus issus de ses baies noires, très pruinées, manquaient de force…

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Les anecdotes fourmillent dans la grande histoire du vin. Il arrive qu’elles créent des complicités entre vignerons et fondus de la grappe. Et, aux joies gustatives de ces derniers, s’ajoutent alors les plaisirs de nourrir de mille et un secrets la plus humble des dégustations. Le vignoble champenois n’échappe pas à cette règle. A croire que la valse à mille temps de ses effervescences, stimule les esprits. JEEPER et ses pétillances peuvent en témoigner.. En 1947, année du premier Tour de France d’après guerre, Alain Goutorbe, qui vigneronne du côté de Damery dans la vallée de la Marne, reçoit de…

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Le concept d’œnotourisme est entré dans les moeurs de la barricaille. Les propositions d’accueils se multiplient, y compris celles de propriétaires d’appellations prestigieuses qui, ne soyons pas dupes, ont compris que leur caisse enregistreuse y trouverait bon compte. A condition également que les offres ludico-culturelles se révèlent alléchantes. Tout compte fait, ce n’est pas si mal. Le consommateur qui, peu ou prou, va frotter et limer sa cervelle contre celle du vigneron, en tirera des enseignements. Et ne boira plus jamais comme avant… C’est terminé. Définitivement. On ne fait plus route à pied. Et quitte à passer pour un irresponsable…

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Avec La Nature au Coeur, Gérard Bertrand délivre une sorte d’auto-analyse passionnée. Celle d’un parcours hors du commun construit « sur des valeurs éthiques et dont le souffle est porteur d’espoir et d’enthousiasme ». On ne présente plus Gérard Bertrand dans le monde du vin. La détermination de ce grand vigneron/négociant languedocien en faveur d’une viticulture en harmonie avec la nature, est connue de tous ceux qui s’intéressent au devenir d’un monde agricole en phase d’adaptation. Ou de disparition quasi programmée si ne surgit point la volonté de s’organiser pour « sauver les équilibres de la planète l’ harmonie nécessaire au renouvellement des ressources…

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Patricia et Luc Bettoni, installés dans l’espace viticole de Saint-Chinian, sont tombés amoureux de l’Eminade et de ses terres de galets roulés, grès, silex et schistes. Autant de variétés qui ont stimulé leurs perspectives vigneronnes à partir de fines observations géologiques. Avec, objectif ultime, la volonté de provoquer d’audacieuses épousailles entre cépages et terroirs privilégiant ainsi la diversité au conformisme. La conversion vers l’agriculture biologique semblait donc aller de soi. Sur des parcelles de grès ils ont choisi de donner la parole au grenache (60%), à la syrah (30%) et au mourvèdre. Vendangés manuellement, ces vignes fourniront des jus d’Eminade…

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Des vins bios aux doigts de rose A vous qui partez en vacances, l’esprit un brin libéré des contraintes engendrées par ce(tte) satané(e) covid, prenez le temps d’errer dans les vignobles de notre « doulce France ». Vous y dégoterez quelques-uns de ces rosés qui ouvrent la voie à d’étonnants accords cuistanciers. Car, faut-il encore le répéter, les rosés sont d’authentiques vins. Et non comme d’obtus esprits osent encore l’affirmer, des vins au rabais. Nos choix se sont portés sur des rosés « bios », de repues franches. Ce sont des rosés qui attirent. Leur côté fringant, actif décoinceur de papilles, accompagnera les franches…

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« A quelque chose malheur est bon » proclame un vieux dicton. Et pour négliger, voire oublier, les traîtrises du Covid, nombre d’entre nous ont dû souvent se résoudre à (re)découvrir l’art et le luxe de flatter le goût en tambouillant dans la cuisine. Petit jeu qui désormais leur permettra de mieux comprendre et d’apprécier ce que Montaigne nommait « luxure de bonne chère dont on fait tant de cas ».  Plaisirs de gueule qui satisfont petits et grands, les confitures étalent à l’envi leurs charmes saisonniers. Pas simplement pour rappeler le si célèbre « Jeanne au pain sec » raconté par Hugo, mais pour exciter…

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Si Baudelaire circule plus ou moins dans la mémoire d’anciens potaches, ceux qui devinrent amoureux de Bacchus, et de ses pompes et de ses oeuvres, révèrent surtout l’auteur des Fleurs du Mal pour avoir eu l’audace d’écrire que « l’âme du vin, chantait dans les bouteilles ». Au château de Saint-Martin, havre bachique provençal, niché non loin de l’abbaye du Thoronet, on aurait peut-être pu, tout en causant égrappages ou remontages, évoquer une autre âme religieusement immortalisée: celle de cet officier de l’armée romaine qui cisailla son manteau pour en refiler la moitié à un S.D.F. Et pourquoi pas aussi l’âme de…

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Ils ont pu passer, un temps, pour les enfants terribes de la très sérieuse appellation Champagne. Ils, ce sont ces « Champagnes de Vignerons », nés, en général, du métier de récoltants manipulants lesquels, contrairement aux maisons de négoce, n’achètent pas leurs vendanges ou leurs vins à des tiers.Ces champagnes se présentent donc, peu ou prou, comme une grande famille un tantinet rebelle. Le consommateur a appris à les connaître. En fait à les « aimer » si l’on s’en tient au sens biblique du terme « connaître ». L’occasion était donc belle de vérifier si leur présence à empreinte fruit et terroir, ne procurerait pas, lors…

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Etait-il, le Bon Roi Dagobert, à ce point préoccupé par les problèmes d’orientation de sa culotte, pour léguer le vignoble de Reuilly aux religieux de l’Abbaye de Saint-Denis ? Nul, depuis la fin du Xe siècle, n’a su donner réponse . Appellation de poche -217 ha – située en Centre-Loire, Reuilly recouvre sept espaces communaux chevauchant les départements du Cher et de l’Indre. Ce vignoble sacré A.O.C. en 1937, ne craint plus de faire la nique aux impériaux voisins du Sancerrois. Sur les coteaux verdoyants du Cher, du Théols et de l’Arnon, la vigne aligne ses règes, civilisant des lieux dont certains…

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