Les bordeaux Bio Full poursuivent leur percée

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Cette année, les bordeaux bio ont été malmenés comme jamais par le mildiou. Le taux de « déconversion » – c’est-à-dire le retour à la viticulture conventionnelle chez des vignerons bios- devrait être élevé…

Jean-Baptiste Soula

Jean-Baptiste Soula, DG de Bordeaux Vineam, principal producteur de bordeaux bio avec six châteaux (270 ha ) – fait partie de ceux qui n’ont pas lâché. Mais il confesse avoir sérieusement souffert : «Jusqu’au 30 juin, tout allait bien. En trois jours, on s’est fait doubler par le mildiou. La plupart du temps, on n’a jamais pu le rattraper. Ce sont les vignes élevées en bio depuis longtemps comme notre domaine en Bergerac qui ont le mieux résisté. »

Bordeaux Vineam ne devrait finalement commercialiser que 500 000 bouteilles. Soit le tiers de que ce qui avait été prévu. Est-ce l’esprit du kung-fu qui permet à M.Yu, chinois de Hong-Kong et actionnaire principal du groupe Bordeaux Vineam, de résister à des coups du sort successifs ? Car déjà en 2017, le gel n’avait pas épargné ses vignobles frappés à 70%. Sauf que cette fois-ci, seuls les bios sont touchés, pas les conventionnels qui, grâce aux produits systémiques, croulent sous le poids des grappes.

 

 

«A Bordeaux, nous incarnons deux périls : le péril jaune du fait de notre actionnaire principal et le péril vert du fait de notre démarche bio, mais dans les faits, ça se passe très bien.» plaisante Jean-Baptiste Soula. En plus d’être Bio, l’homme a imposé le sans-sulfites ajoutés. De 70%, il devrait faire passer à 100% sa production sans soufre.
Ouf ! Si le climat humide le matraque, le marché, lui, le plébiscite en faisant un très bon accueil à ses bouteilles Bio Full. Le chiffre d’affaires 2018 de Bordeaux Vineam devrait ainsi passer de 5 à 10 millions d’euros. De quoi transformer en lumière ce qui n’était qu’une pâle lueur d’espérance au bout du chemin d’un vin nature bordelais.
A titre d’illustration, on notera la percée spectaculaire dans le CHR depuis le début de l’année avec une centaine d’établissements (CHR et caviste) convertis aux Bio Full dont une quinzaine à Paris. Un retour des bordeaux sur les comptoirs de Paname par le biais du bio nature ne serait pas la moindre ironie de cette histoire bachique.

Voir une sélection des bordeaux Bio Full

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