L’Avant-Poste, bistronomique éclairé

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Deuxième adresse des fondateurs des Résistants, cet Avant-Poste entre Château d’Eau et Gare de l’Est participe à la même philosophie. Être une table engagée. Comprenez défendre un engagement pour la biodiversité alimentaire et la défense de l’agriculture paysanne, de leur travail et de leurs produits. Sans oublier le bien-être animal.

Effectivement les assiettes donnent la part belle au végétal avec la mise à l’honneur de légumineuses (pois cassé dans le velouté, petit épeautre servi avec les coques sauvages) et aux légumes oubliés : panais, carottes jaunes, pâtissons se dressant fièrement autour de la viande ou du poisson).

Velouté de pois cassé, coulis de persil, crumble de pain

Les assiettes ont du goût et de la couleur. Dommage que ce jour là la crème de champignons de Paris, de pleurotes et d’amandes commandée se soit transformée en un simple bol de champignons émincés … sans trop comprendre le pourquoi du comment … et finalement sans grand intérêt. Contrairement au velouté de pois cassé, coulis de persil, crumble de pain, dont le crémeux a une très belle longueur en bouche.

Le cochon fermier Berkshire, élevé par Antoine Raoul est lui aussi souvent aux avants-postes des assiettes. Assez ferme à la première bouchée, il se révèle au final d’une extrême tendreté et s’accompagne merveilleusement bien avec le chou kale Nero di Toscana, la carotte jaune du Doubs, le panais demi-long de Guernesey et une pousse de sauge.

Les desserts affichent également leur carte du terroir et font exploser en bouche  fruits, crème et croustillants de fruits secs. Comme cette poire Guillot, vin rouge du domaine de Séailles, meringue ou encore ce fromage blanc de Normandie Stéphanie Conrad , praliné aux noisettes Cervione, biscuit langue de chat.

Tous les producteurs sont mis en avant avec leur nom accolé à leurs produits. Ce qui donne des descriptions de plats dignes d’une carte macaronée. Comme l’énoncé de ce plat du jour : coques sauvages de Batz sur Mer, petit épeautre de la ferme de Fontaine, pâtisson blanc, beaufort chalet d’Alpage de Gaël Machet, crème crue de Normandie de Stéphanie Conrad. Au dos du menu, la charte qualité du restaurant est résumée en dix points, qui vont du respect du bien-être animal au choix des légumes issus de semences paysannes.

La déco est fraîche et aérée avec des herbiers sur les murs et des chaises en rotin ainsi que des banquettes moelleuses agrémentées de coussins dans lesquels on a plaisir à s’affaler. Les tables sont aérées, on est bien loin de l’esprit brasserie coude à coude. La cuisine ouverte permet d’entr’apercevoir le dressage des assiettes.

Pas vraiment d’âme de bistrot ou peut-être pas de patron … Peut-être un problème de mise en place le jour où nous étions. Des gens qui rentrent dans une salle à moitié pleine mais qui ne sont pas placés sous prétexte qu’ils n’ont pas réservé … Un plat principal qui arrive à 14 heures alors qu’on est là depuis 13h. Les résistants prennent parfois des coups durs quand ils sont aux avant-postes !

Ne décourageons pas ces éclaireurs qui ouvrent la voie du progrès alimentaire et durable avec cette seconde adresse engagée et d’excellent rapport qualité-prix ( 16,50 € E+P ou P+ et 18,50 € : E-P-D) pour des assiettes goûteuses et généreuses !

L’Avant-Poste

7, rue de la Fidélité,
75010 Paris
Tél. 09 81 41 01 07

Du mardi au samedi.

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