Auteur/autrice : Laurent Bromberger

Une trogne burinée par le soleil languedocien, une voix rauque et aussi sèche que l’Orbieu* en août, Jean-Noël Bousquet pourrait endosser facilement le rôle du cow-boy au cuir tanné sillonnant son ranch. En guise de ranch, le bonhomme s’est bâti un domaine de 120 ha qui en fait un des poids lourds de l’appellation corbières. Son parcours de self-made-man sort de l’ordinaire dans ce pays de coopérateurs et d’hommes d’affaires ayant réussi sous d’autres latitudes et qui viennent ici s’offrir un domaine, attirés par les faibles prix du foncier. A Lézignan-Corbières, Jean-Noël Bousquet, enfant du pays, a acheté son premier…

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Le verre galant Dans l’assemblage monarcho-républicain des impétrants qui ont gouverné la France et ses vignobles, le souvenir d’Henri IV gouleye dans toutes les mémoiresscolaires comme un rayon de soleil bachique dans une histoire chaotique. Natif du Sud-Ouest, je ne l’ai pas fait exprès, la légende le baptisa à l’ail et au jurançon et son œuvre philanthropique se saupoudra de plaisirs hédonistes qui lui valurent le surnom de « vert galant » ! Tout au long de son règne, la bonne chère et la chair bonne ne furent jamais absentes. Après les guerres de religion (je précise pour nos Sages…

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Le TGV Atlantique en a fait le vignoble le plus proche de Paris. En 45 mn, on est rendu à Vendôme et son tout petit vignoble. Il est planté sur les coteaux exposés sud de la vallée du Loir. Une vallée qui lui donne son micro-climat et des températures plus élevées de 3° que la plaine. 12 vignerons en caves particulières et 32 regroupés dans une coopérative travaillent à faire connaître un vin longtemps mal réputé sur place. Pas étonnant, au XIXe siècle pour approvisionner les comptoirs de Paris, on faisait pisser ici la vigne qui s’étendait sur 4000…

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Salon de l’ivre De comptoirs en caveaux, de bistrots en bastringues, une rumeur marmoréenne commençait à gronder entre deux cliquetis de canons : où est passé ce gourgandin de scribe ? Sitôt la bise venue, plus le moindre écrit vin, nulle saillie pour nos soirs dix verres, aucun calembour pour dégourdir notre neurone entartré. De sagaces hypothèses, portées par une sourde haleine, filtraient à travers des chicots entannisés : « Aurait-il succombé à la grippe H1 sans vin ? Sa glotte serait elle stalactisée par le froid polaire ? Son coude s’engourdirait-il d’une hydropathie latente ? Ou pire ! Serait-il…

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Voilà donc les vignes du “Jardin du Ruisseau”, un doux nom bucolique qui fait chercher le ruisseau…qui est en fait la voie ferrée de la Petite Ceinture du côté de la porte Clignancourt. Le Réseau ferré (RFF) s’ accroche désespérément à ce bout de petite ceinture pour faire passer deux trains par an, ce qui ne laisse pas beaucoup de place pour les vignes… Ici, deux petits coteaux de la Petite Ceinture ont été défrichés par huit copains fous de vins réunis au sein de l’association des Vignerons du Ruisseau. Ils en sont sûrs, et l’on ne les contredira pas,…

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L’Entre deux mers est le nom poétique donné au triangle compris entre la Dordogne et la Garonne qui se donnent rendez-vous au bec d’Ambès pour former la Gironde après avoir caressé la plus plus vaste étendue de vignes du Bordelais. L’appellation Entre-deux-mers couvre une partie seulement de cette belle région vallonnée où vignes, prairies et forêts alternent avec les rangs serrés du vignoble. Sur son flanc sud, l’Entre-deux-mers est en effet bordé par une série d’appellations de vins blancs moelleux, tandis qu’à l’Est, l’appellation Sainte-Foy Bordeaux cousine avec le bergeracois. L’AOC Entre-deux-mers. La dénomination viticole ne couvre qu’une partie de…

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Un restaurateur peut-il remplacer sur sa carte « vin de pays d’Oc » par merlot ?  Quel vin servir avec des tripes ?  Pourquoi pas un gamay type côtes-du-forez en jouant finalement sur la proximité géographique des liquides et des solides ? Des affinités régionales qui, nous expliquent l’auteur, fonctionnent d’autant plus avec les fromages. Par exemple un château-chalon avec un comté, un bout de laguiole avec un verre de marcillac. C’est à ce type de questions et à une multitudes d’autres que répond la livre de Thierry Morvan sobrement intitulé « Le Vin » paru chez Hachette dans la collection Toutes les Clés.…

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Qui oubliera la dégustation du tord-boyaux des Tontons flingueurs ? Michel Audiard a dialogué près de 100 films. Avec des répliques ancrées pour toujours dans les mémoires. Mais certains de ses livres sont bien plus noirs que les dialogues de ses films. Exemple « La Nuit, le jour et toutes les autres nuits », paru en 1978, où il relate ses errances dans un Paris peuplé des fantômes de sa jeunesse. Une façon d’exorciser, la mort de son fils, François, dans un accident de voiture en 1975. Du coup, il replonge dans le XIVème arrondissement de sa jeunesse où les petits rades…

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« Qu’est-ce que c’est que cela? demanda Charles en riant. Et il montrait un pot oblong, en terre brune, verni, faïencé à l’intérieur, bordé d’une frange de cendre, et au fond duquel tombait le café en revenant à la surface du liquide bouillonnant. – C’est du café boullu, dit Nanon. 40 – Ah! ma chère tante, je laisserai du moins quelque trace bienfaisante de mon passage ici. Vous êtes bien arriérés! Je vous apprendrai à faire du bon café dans une cafetière à la Chaptal. Il tenta d’expliquer le système de la cafetière à la Chaptal. – Ah! bien, s’il…

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Les Nuits d’octobre de Gérard de Nerval paraissent en plusieurs livraisons dans « L’Illustration », d’octobre à novembre 1852. Proche de l’inspiration de Rétif de la Bretonne, dont il admirait Les Nuits de Paris, Nerval profite d’une évocation pittoresque de promenades autour de la capitale pour gentiment mettre en cause le réalisme. Gérard de Nerval infatigable promeneur dans Paris nous décrit le monde des cafés. Des cafés qu’il affectionne particulièrement. Tous ses contemporains l’y croisent. Jean-Paul Clébert dans ses « Hauts lieux de la littérature à Paris » nous indique que « Gérard de Nerval s’installait à la terrasse d’un…

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XI. LA HALLE « Quelle belle nuit ! » dis-je en voyant scintiller les étoiles au-dessus du vaste emplacement où se dessinent, à gauche, la coupole de la Halle aux Blés avec la colonne cabalistique qui faisait partie de l’hôtel de Soissons, et qu’on appelait l’Observatoire de Catherine de Médicis, puis le marché à la volaille; à droite, le marché au beurre, et, plus loin, la construction inachevée du marché à la viande. – La silhouette grisâtre de Saint-Eustache ferme le tableau. Cet admirable édifice, où le style fleuri du moyen s’allie si bien aux dessins corrects de la Renaissance,…

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« Et l’on boit, et l’on trinque, à la santé des amants » à la Patache, dans une ambiance de java joyeusement orchestrée par Simon Faizant, 37 ans, le luron et son rire légendaire. En nous invitant à chanter à tue-tête et à entrer dans la danse, les airs des Ogres de Barback et des Hurlements de Léo, qui passent en bouclent et racontent vie de quartier, contact humain et expériences de voyages, se font l’écho de l’atmosphère chaleureuse qui règne ici-bas. On se salue entre gens du quartier et on partage un bon moment hors du temps. Avant, Simon,…

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