Le renouveau des Francs Mâchons de Paris

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Après une courte période de déclin, voilà que souffle le vent du renouveau sur les Francs Mâchons de Paris, branche lutécienne des Mâchons Lyonnais, « Société Philanthropique pour la défense du Bien Boire et du Bien Manger» créée à Lyon en 1964.

En témoigne par exemple le « mâchon statutaire » mensuel tenu à Montmartre le 15 mars au matin au Grand Huit. Un bistrot de la Butte dont la patronne -originaire du Beaujolais- n’a pas sa langue  -chuitante- dans sa poche. La vingtaine de convives ont fait honneur à son sabodet tendre et gouteux, à ses tripes poêlées et à son cantal jeune et parfumé comme le flanc du Puy Sancy un 10 août… Le  chiroubles nature de bonne tenue a alimenté les débats et cimenté l’amitié des mâchons.

Paradoxe vibrant et vivant, Pascal Stambollion, longiligne comme un fil de fer, président des Francs-Mâchons parisiens, a le verbe fleuri et bien senti pour commenter les mérites de chaque plat avant la mise au vote du repas. Chaque bistrot suggéré par un membre pour organiser un mâchon statutaire est noté sur le plat, le blanc, le rouge, le fromage et surtout l’accueil du patron. Mieux vaut pour lui – ou pour elle  ,- qu’il ne tire pas la tronche et ne voit dans ce mâchon qu’une corvée matinale…Faute de quoi il sera sorti in petto de la sélection du meilleur bistrot Mâchon de l’année. (liste ci-dessous )

Les Francs Mâchons, hommage à une gastronomie lyonnaise populaire, demeurent pour certains palais parisiens néophytes une initiation à des textures et des saveurs inédites -celle de la confluence du Rhône et de la Saône, tels que l’andouillette à la fraise de veau ou le tablier de sapeur. «On n’est pas forcé de tout aimer mais si on commence à chipoter sur le pied de porc alors…» explique Jean-Claude, Franc Machôn depuis 25 ans. Le nez de cet ancien parfumeur  n’a jamais été rebuté par l’odeur d’un sabodet dès potron minet. «Certains ont beau revenir quatre fois, ils ne comprennent pas pourquoi il ne deviennent pas membres, or chez nous la cooptation n’a rien d’automatique.» assure Olivier Vincent, le Secrétaire général de l’association. L’appétit, la bonne humeur, l’amitié, sans oublier le goût du petit blanc du petit matin, de  tels critères semblent bien plus draconiens que ceux d’un club londonien…

 

Les bistrots récipiendaires de la remise des diplômes pour les meilleurs mâchons de l’années 2017

  • Thierry Fleury – Select Monceau, 95 rue Miromesnil, 75008
  • Laetitia Gladines – Le Passage, 46 rue des Fossés Saint-Bernard, 75005
  • Clarisse et Jean Sudaka – Les Petits Insolents, 2 Place Léon Deubel, 75016-
  • Alain et Didier Miquel – Le Mistral, 401 rue des Pyrénées, 75020
  • David Pernin – Le Réveil du Xe, 35 rue du Château d’eau, 75010
  • Thierry Breton – La Pointe du Grouin, 8 rue de Belzunce, 75010
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