Cochonnet du Larzac

0

Sous les casemates, la litière est composée d’un compost maison fait d’humus et de buis déchiquetés. Au fil des semaines, les parcs sont déplacés et ainsi le sol est fertilisé peu à peu. Bref, tout cela pourrait presque ressembler à un paradis rousseauiste pour cochons si les désordres du monde avec ses spéculations effrénées sur les céréales ne replaçaient Nicolas Brahic dans la triste condition d’éleveur porcin.

cochon_larzac5

Ainsi depuis 2007, année de ses débuts, Nicolas Brahic a dû faire face à un doublement du coût des céréales passés de 240 à 500 € la tonne. «Quelle entreprise peut se permettre un doublement du coût de ses intrans en si peu de temps» interroge Nicolas Brahic. Car c’est une ration de céréales bio -plus chère que la céréale standard- que Nicolas Brahic sert à ses cochons. Il a lui-même sélectionné chaque céréalier du Tarn et du Laurageais pour composer une formule faite de son de blé, d’orge, de fève, de fétuques et de soja que Nicolas sert à ses cochons.

cochon_larzac_tete

Ces problèmes de prix des céréales sont récurrents. En 2008 déjà, il avait commencé à développer une filière de saucisson bio. Mais l’entreprise de Lacaune avec laquelle travaillait le jeune exploitant n’a pas suivi l’augmentation de ses tarifs. Patatras ! en trois mois, l’éleveur perd 76 000 € et manque de boire la tasse définitive. Il prend alors un de ses cochonnets sous le bras et s’en va frapper à la porte du “Louis XV”, le célèbre restaurant monégasque de Ducasse.
Depuis, des dizaines de chefs parmi les plus réputés ont été conquis par son “Cochonnet du Larzac” à la peau bronzée et craquante et à la chair inimitable, un animal sevré à sept semaines au lieu de trois dans le système classique. Dans les tests à l’aveugle avec d’autres races (corse, bigorre, basque, hispanique..) il assure que son “larzac” l’emporte à chaque fois.
L’augmentation actuelle des cours céréaliers n’en finit pas de plomber l’équilibre économique. «J’ai eu beau appeler des céréaliers pour leur expliquer mes contraintes, ils n’ont rien voulu entendre. » Heureusement, les chefs eux comprennent et ne renâclent pas à s’offrir un cochon dont le prix livré atteint les 21 € au kg…

On comprend donc que le rêve de l’éleveur soit de se passer le plus possible des céréales et de faire en sorte que ses cochons se nourrissent intégralement de ce qu’ils trouveraient sur place, racines, glands etc…. Un vœu pieux ? En tout cas, il est bien décidé à réduire de 15% chaque année. «Il faut chercher une cohérence avec son milieu et remettre la forêt au cœur de l’exploitation. » Vive le cochon des bois !

Pour commander en direct :
www.terres-libres.fr

1 2 3
Share.

Comments are closed.