Chartier Montparnasse

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Face à la Tour Montparnasse, un Bouillon Chartier a remplacé l’ancien Montparnasse 1900. Il ne s’agit pas d’une création mais d’une renaissance de l’adresse, 116 ans après sa première inauguration par Edouard Chartier. Sur ses banquettes, Modigliani a dû s’y envoyer sinon des bouillons, du moins des absinthes… Durant les Années Folles, le bouillon Chartier devint le bouillon Rougeot. C’est un miracle que cette affaire soit parvenue dans un tel état de conservation.

Ainsi, les nostalgiques des flamboyances de la Belle Epoque seront servis : bois tout en volutes et entrelacs, lampes tulipes, statues, céramiques et faïences, vitraux signés Louis Trézel… C’est un Art nouveau poussé à son paroxysme et sublimé par le décorateur Slavik – il a redessiné la verrière dans les années 70- qui s’offre au regard. Le lieu est classé aux Monuments Historiques depuis 1984.

De fait, le retour de Chartier à l’initiative du groupe Joulie dans le quartier de la Tour Montparnasse n’est pas passé inaperçu. Au lendemain de l’ouverture au 1er février, la file d’attente s’étirait déjà devant le comptoir et son antique percolateur. Et il y a fort à parier qu’elle déborde vite sur la terrasse du boulevard…

Pour ceux qui connaissent l’auguste Bouillon de la rue du Faubourg Montmartre, la formule du Chartier Montparnasse est identique.

A commencer en hiver par le potage de légumes (1€), la francfort/ frites (6,50€) et bien d’autres classiques comme le confit de canard (10,60€) ou le gouteux sauté de veau marengo (11,20 €) .

Sans oublier un bon baba sensuel, généreusement gorgé de rhum (4,60€).

Le vin est tiré du même tonneau. Celui d’un Bacchus bienveillant avec le portefeuille de ses disciples. Exemples : la bouteille de côtes du rhône Gruber à 13€ ou celle de Buzet  à 10 € sans oublier le friand gamay touraine Marionnet ( 17€). A moins que l’on ne préfère le pot de merlot IGP Bouches du Rhône (4,90€) qui fait un bon carburant pour alimenter le débat et les conversations qui rythment l’ambiance de cette longue salle.

L’affaire n’est en effet pas conseillée aux tristes figures et autres misanthropes. Elle pète de vie avec son ballet de serveurs qui ne sont  jamais à court d’une répartie, y compris et surtout quand ils griffonnent leurs additions sur les nappes de papier. Chartier demeure toujours ce lieu de rencontres imprévues. On y savoure la cuisine, coude à coude, placé de façon aléatoire au fil des tables qui se libèrent. L’occasion de partager, plus que le pain et le sel, anecdotes ou belles histoires. En ces temps de cocooning  et de repli sur soi-même, pour un peu, on serait presque tenté de parler d’une œuvre de bienfaisance républicaine participant à un “grand débat” . Mais spontané celui-ci.

 

Chartier
59, bd du Montparnasse –
75006 Paris –
Tél : 01 45 49 19 00
Métro : Montparnasse-Bienvenüe L4 L6 L12 L13
Bus : L82 L92 L94 L95 L96
Ouvert 7 jours sur 7 de 11h30 à minuit

 

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