La Croix Belle Côtes de Thongue

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Parfois les IGP – bien qu’ex-Vins de Pays- n’ont pas à rougir face aux AOP. Ainsi en va-t-il de certaines bouteilles de côtes de Thongue languedociennes. Comme celles du domaine de la Croix Belle dont le propriétaire, Jacques Boyer, a fait une référence.

Issu d’une famille vigneronne depuis la révolution française, Jacques Boyer a pris les rênes du domaine en 1977. Il a vécu les affres de la remise en question du modèle pinardier languedocien. Il a arraché des dizaines d’hectares de cépages traditionnels. A commencer par le productif aramon, replantant à la place syrah, grenache, chardonnay, mourvèdre ou sauvignon.

Il a aussi coupé les ponts avec le monde du vrac en commençant la mise en bouteille au domaine dès 1984 pour l’achever totalement six ans plus tard. « Encore aujourd’hui, je reste le seul des Côtes de Thongue à faire 100% de ma production en bouteilles.» Sérieux défi, alors que son domaine de la Croix Belle produit un million de cols par an et qu’il ne vend à aucune grande surface à l’exception de l’intermarché local de Puissalicon dont «le  dirigeant est un ami ». Mieux, il exporte 40% de sa production. Six fois sur 10 dans le nord de l’Europe.

Et pourtant, celui qui dirigé le syndicat de l’IGP Côtes de Thongue pendant dix ans aurait bien voulu que celles-ci passent en AOC. Certains de ses collègues ont visiblement eu du mal à changer les vieilles habitudes. En attendant, Jacques Boyer gère donc son domaine comme s’il était astreint à un cahier des charges d’AOC bio. Il vient d’ailleurs d’initier une conversion. Ses rendements sont de l’ordre de 40 hl/ha à 55 hl/h. Rien de très abusif. Certes, il peut irriguer certaines parcelles et recourir à des machines à vendanger.
Sa gamme de vin est intelligente et hiérarchisée presque conceptuelle parfois. Avec une régularité qui fidélise les habitués.

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