Jacques Weber cuisine Hugo au Bistrot

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Comment incarner le supplément d’âme apporté par un vrai bistrot ?  Peut-être en le confrontant avec un autre monument du patrimoine. Mais littéraire cette fois. Ainsi, l’Association pour l’inscription au patrimoine de l’UNESCO des bistrots et des terrasses de Paris avait convié Jacques Weber à la Bonne Franquette le 22 mai pour Hugo au Bistrot.

Au menu, Victor Hugo mais servi comme un chef par ce grand comédien, en tirades, anecdotes, bons mots illustrant des moments clés de la vie de notre écrivain monument.  Du « lion superbe et généreux » d’Hernani, aux « ministres intègres » de Ruy Blas,  en passant par la laideur de Mme de Chateaubriand «dents noires, cheveux blancs ». Avec « Il neigeait…» la retraite de Russie vue par Hugo, Jacques Weber fait sentir la profondeur de la poudreuse de la steppe russe, celle qui arrête le temps … Ne parlons pas de la faim ressentie par les Parisiens durant le siège de 1870 par les Prussiens. « Ce n’est même plus du cheval que nous mangeons. C’est peut-être du chien ? C’est peut-être du rat ? Je commence à avoir des maux d’estomac. Nous mangeons de l’inconnu. » Fort heureusement, les Fracheboud père et fils, patrons de la Bonne Franquette n’ont pas servi d’éléphant ce soir-là, comme ceux du Jardin des Plantes, qui furent débités et servis, eux, en 1870 dans les grands cafés. La Bonne Franquette avait préféré un Poulet de Bresse bien ferme…

Interview Jacques Weber

Hugo au Bistrot ? on est parti pour longtemps ?
J’aimerai que ça dure longtemps. Il faut trouver une organisation pour que ça marche avec les bistrots . J’ai déjà fait ça en 1982 à Lyon au Théâtre de la Graine, je jouais devant 90 personnes. J’adore ça, cette proximité avec le public.

Pourquoi Victor Hugo ?
L’idée m’est venue avec la campagne pour l’élection présidentielle. Tous les candidats le citaient. Avec des textes comme ceux de Hugo, dans un cadre comme le bistrot, ça respire autrement. Il y a ce verbe charpenté et puis surtout ce souffle. On est dans le partage, il y a de la jouissance, de la sensualité… toute l’humanité d’Hugo. Alors, j’ai relu des textes et j’en ai découvert par exemple dans Choses vues. 

 

Vous avez un bistrot de prédilection ?
Le mien à Suresnes, Les Toqués. J’y suis à 7 h chaque matin. On y croise des gens de chez Dassault. Ça dialogue, ça pète de vie. 

Et à Paris ? 
Je n’ai pas de troquet de prédilection. Tout ce qui m’intéresse, ce sont les hommes qu’on y trouve. La déco, c’est bien gentil mais ça ne vaut rien sans les hommes. Malheureusement, nous en sommes au point où l’on voit des gens au restaurant avec deux portables. Pas un, deux ! Je ne veux pas jouer les vieux cons mais quand même… 

 

En savoir plus pour soutenir l’Association pour l’inscription au patrimoine de l’UNESCO des bistrots et des terrasses de Paris en tant qu’art de vivre 

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