Livre : la Mère Lapipe dans son bistrot

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Le Café du coin de la Mère Lapipe n’est pas un bistrot parisien mais un troquet manceau connu comme le loup blanc grâce à sa patronne  Jeanine qui fume la pipe et maintient ce lieu de vie dans un quartier déserté des commerces…  Pierrick Bourgault s’est rivé à son comptoir. Pas en poivrot. Plutôt en ethnologue pour observer et écouter les vies de ceux qui défilent devant le bar. 

A l’heure des réseaux sociaux pathologiques, ce troquet est une survivance. Un bistrot de la vie avec sa fumée du tabac et ses affiches jaunies de concerts de Johnny. Ici, «les paroles rebondissent et en appellent d’autres». Ici, il y a aussi les fondamentaux à respecter comme ne pas demander aux autres clients ce qu’ils font dans la vie … ou de la ramener avec sa réussite sociale. On n’est pas chez Linkedin … mais chez Jeanine. Et la précarité croissante de la vie de bien de ses clients se ressent dans les conversations…

L’ouvrage rappelle également à quel point la popularité d’un troquet dépend de l’art de son patron à occuper la scène et à tenir son public. En l’occurence, la patronne Jeanine a beau avoir un quasi-statut de grand-mère pour ses protégés, elle sait se faire respecter y compris de clients ivres ou rugueux. De quoi réfléchir au théâtre social qui se joue encore dans quelques vrais bistrots.

La Mère Lapipe dans son bistrot – Editeur Ateliers Henry Dougier

14€ 

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