Quand les cafés de Paris brûlent…

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L’histoire retiendra qu’au 1er décembre 2018, Paris a connu, outre une violence hors-norme, un degré d’outrages à la République inédit avec la profanation de la Tombe du Soldat inconnu, l’Arc de triomphe souillé et son musée dévasté. Dans cette guérilla qui a duré plusieurs heures autour de la place de l’Etoile, la Belle Armée ne pouvait être dès lors qu’une proie désignée pour certains vandales.

Situé en haut de l’avenue de la Grande Armée, ce fleuron du groupe Beaumarly de Gilbert et Thierry Costes avait été restylé en 2016 en profondeur. Habitués à être cités pour leurs cafés “trendy”, les Costes père et fils se seraient sans doute bien passés d’avoir le premier café parisien incendié à la suite d’une émeute depuis la Commune en 1871.

Le café-tabac le XVI en fin d’après-midi le 1er décembre 2018

Sur le même trottoir un peu plus bas, le XVI, café-tabac a lui été pillé. Juste à côté, un petit magasin de bagels a été complètement pulvérisé par la même soif de destruction. Son jeune propriétaire se remettait à peine du week-end précédent. Seul le Bistro de l’Arc s’en est sorti plutôt bien avec seulement deux coups de hache dans la vitrine. Son patron avait mobilisé frères et amis afin d’empêcher les casseurs de rentrer. Ils ont échangé des coups pendant de longs moments avec les casseurs. Au finish, ce ne fut pas le Fort Alamo du bistrot.

Dans le quartier, d’autres cafés ont appliqué d’autres stratégies. A l’exemple de Marcel Sabrazes, patron de l’Esméralda sur l’avenue Victor Hugo, elle aussi sillonnée, tout au long de l’après-midi du 01/12 comme l’avenue Kléber par des groupes de manifestants plus ou moins incontrôlables. «Quand ça a commencé à chauffer dans l’après-midi, j’ai fermé le café. Il y avait pas mal de gilets jaunes parmi les clients. Certains voulaient sortir pour en découdre avec les CRS. J’ai tenu bon. Des fait aussi violents c’est du jamais vu. Et c’est très traumatisant, surtout quand on a la responsabilité des clients. »

L’homme s’interroge sur la pertinence du dispositif de sécurité. «Comme si on avait voulu «épargner» les Champs-Elysées au risque de propager les troubles tout autour. Ce n’est pas nouveau, en plus des « Champs » il y a toujours eu ces 11 autres avenues autour de l’Etoile.» En attendant, chacun conjure le spectre d’un acte IV. A l’exemple de Marcel Bénézet, directeur de la Branche Cafés du Synhorcat qui redoute qu’«un 4ème épisode ne se termine de façon dramatique.»

Lire également l’impact économique des troubles.

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