Thierry Bourdoncle jette son dévolu sur la Côte fleurie

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Après Saint-Tropez et son Sénéquier racheté en 2012, Thierry Bourdoncle, l’un des ducs de la limonade parisienne -très présent dans le quartier latin- a mis le cap sur la Côte fleurie vers les belles brasseries de Trouville et de Deauville.

Après de longues négociations entamées en mars et remises en cause par le confinement, il a signé début août le rachat du groupe Van Colen (Le Drakkar à Deauville et à Trouville, Marinette, L’Annexe, Les Mouettes, L’hôtel Le Central et la boulangerie Central) pour un prix évoluant dans une fourchette de 15 à 20 millions quand le prix de départ tournait plutôt autour de 25.  


Il faut donc croire que la Normandie est bien meilleur marché que la presqu’île varoise… Pour le prix d’un Sénéquier, vous avez ici cinq restaurants, un hôtel et une boulangerie ! Reste que, par les temps qui courent, l’annonce de ce rachat que l’on croyait compromis après le confinement, a surpris. On sait à quel point les affaires des beaux quartiers de la capitale sont actuellement impactées par la pandémie. Les salles vides devraient se traduire en fin d’année par des déficits abyssaux. Alors ? Alors Thierry Bourdoncle a pu compter sur le fonds d’investissement Perceva auquel il est associé. 

Savignac, citoyen illustre de Trouville

Thierry Bourdoncle n’est pas le premier Aveyronnais à associer son nom à Trouville. L’un de ses compatriotes, lui aussi fils de bougnat, est devenu son citoyen le plus illustre. Savignac ( 1907- 2002 ) y a trouvé le bonheur en 1979 à l’issue d’une longue carrière d’affichiste couronnée de succès. Il a depuis créé la signature visuelle de Trouville. Il est l’auteur d’une affiche culte des Vapeurs, brasserie mitoyenne et concurrente du Central.  En savoir plus sur Savignac

Et les perpectives normandes s’avèrent prometteuses justement du fait du Covid et aussi – hélas – du fait du réchauffement climatique… Deauville et Trouville, extensions maritimes de la capitale depuis Napoléon III, connaissent un nouvel attrait avec le télétravail pratiqué par les professions libérales et les cadres sup parisiens. Et lors des canicules estivales, la fraîcheur relative de la Manche ne manque pas d’attirer davantage. Du coup, on peut imaginer que dans l’année la forte fréquentation sur le week-end des brasseries trouvillaises va s’élargir du jeudi au lundi.  Et une belle saison d’été.


C’est Emmanuel Guillemet, ancien chef de Sénéquier, secondé par Edouard Faure au Drakkar, qui sera le Chef exécutif de tous les établissements en Normandie. Il aurait déjà apposé sa marque à la carte du Central – dont l’assiette n’était pas le point fort comparé à son voisin Les Vapeurs. Des travaux au Central sont prévus pour l’automne. On ne fera donc pas du « modeux » pour reprendre un mot de Thierry Bourdoncle. Espérons pour la ville chère à Flaubert et à Proust que le résultat soit plus joli que ce vilain néologisme…

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