Grognes et manifestations contre les fermetures à Paris et Marseille

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On dit que la Révolution française est née dans les cafés. Est-ce en ayant cette idée en tête qu’Olivier Véran a été envoyé à Marseille -zone d’alerte maximale- afin d’amortir le choc de l’annonce de la fermeture des bars et restaurants d’Aix-Marseille du 28 septembre au 11 octobre. 

Less manifestations des professionnels marseillais depuis le 24 septembre n’ont pas manqué. «Si le professeur Raoult nous le demande, on restera ouvert» ou « c’est encore un coup de Paris » a-t-on pu entendre ici et là … Les élus locaux soutiennent le mouvement comme le Président de la région PACA, Renaud Muselier, qui a annoncé avoir déposé un recours collectif en référé-liberté, devant le tribunal administratif de Marseille. Il a le soutien d’autres élus et des professionnels. L’UMIH, par la voix de son responsable régional Bernard Marty, tout en déconseillant la maintien des ouvertures en signe d’insoumission a lancé, dès la matinée du 28, des actions coup de poing comme le blocage du tunnel du Prado.

Pour désamorcer la grogne, le gouvernement avait annoncé une exonération des cotisations sociales dues pendant toute la période de fermeture et un accès au fonds de solidarité jusqu’à 10.000 euros contre 1500 aujourd’hui.

 «On a trois fois plus de chances de se contaminer dans un bar que dans un commerce normal », a assuré le Premier ministre Jean Castex sur France 2 le 24 septembre. A cela, bien des patrons répondent que la fermeture des cafés et bars ne dissuadera pas les rassemblements dans les lieux privés encore plus favorables à la transmission du Covid-19. 

Depuis les tapas et le grignotage, pas simple de distinguer un bar d’un restaurant. Les licences 3 ou 4 ne fournissent pas la solution. Les syndicats de la restauration interrogés par leurs membres ont publié des éléments de réponse. En gros, un vrai restaurant implique un repas avec des couverts. Mieux vaut dès lors oublier les deux rondelles de saucisson et les quatre olives pour tromper le pandore et éviter la fermeture administrative …

A Paris, « zone d’alerte renforcée» , les bars doivent fermer à 22h alors que les restaurants peuvent rester ouverts. Mais pas question pour certains de voir renaître le clivage des vieux statuts corporatifs des restaurateurs et des limonadiers. Ainsi Stéphane Manigold, patron du bistrot Flaubert (Paris 17), nouveau héros de la profession pour avoir vaincu Axa, a pris la tête d’un collectif « Restons ouverts »- dont la première manifestation dimanche 27 septembre a rassemblé quelques dizaines de patrons aux Invalides. Il s’agissait de dénoncer l’incohérence des situations, la foule entassée dans le métro par exemple au regard des efforts des restaurateurs. Mais peut-être aussi et sûrement de conjurer le spectre d’une fermeture généralisée que certains redoutent …

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