Décès de Pierre Troisgros

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Pierre Troisgros est monté animer les fourneaux de Saint-Pierre le 23 septembre. Il y a rejoint son frère, Jean, mort en 1983 et son copain Paul Bocuse. Tous trois avaient fait les 400 coups comme apprentis chez Fernand Point, géant de la cuisine française, en sa « Pyramide » de Vienne.

Les Troisgros n’étaient que deux au départ. Pierre était rond et jovial, moustachu et plutôt rôtisseur tandis que Jean plus élancé était le saucier de la paire. Après avoir perfectionné leur savoir-faire dans quelques belles adresses, ils avaient repris l’hôtel-restaurant paternel  créé en 1930 devant la gare de Roanne. Peu à peu, avec la bénédiction du  père, ils en feront l’un des grands pivots de la gastronomie française. Première étoile en 1955, troisième en 1968. Les Frères Troisgros, apôtres de la « Nouvelle Cuisine » se signalent avec des plats signature comme la pièce de bœuf au fleurie et à la moelle. Exit la découpe des volailles ou la levée des filets d’une belle sole en salle. Le service à l’assiette est devenue la règle.

Magie de la gastronomie qui fait qu’un chef et son équipe peuvent presque incarner une ville. Car, pendant des années, on a fait le détour par Roanne, vieille cité industrielle, pour goûter l’escalope de saumon à l’oseille ou le chausson aux truffes de Troisgros. 

Pierre Troisgros avec Paul Bocuse et Michel Guérard à la mairie de Lyon en 2013

En 1995, Pierre Troisgros a pris une retraite bien méritée laissant les rênes à son fils Michel. En 2017, flanqué de son fils César, Michel s’est installé à 8 km de Roanne, à Ouches, dans un beau domaine suscitant parfois l’inquiétude des Roannais. Ils seront vite rassurés par le maintien des 3 macarons  à la maison Troisgros et convaincus que cette dynastie de chefs n’était pas prête de disparaître ni de quitter la région.  

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