Le P’tit Zinc

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Eric Mauboussin, allure de zazou tatoué et voix pointue de titi parisien, est le patron de ce P’tit Zinc. Petit homme par la taille mais bistrotier de grand talent. Avec son équipe, il redonne foi en la permanence d’une âme du Paris des bistrots. D’ailleurs, le jury de Tradition du Vin n’a pas eu à se déchirer pour lui décerner la Bouteille d’Or 2019*.

L’équipe du P’tit Zinc, Nathalie, Eric, Gohn et Momo

S’il porte le nom d’un joaillier, rien d’étonnant à cela, son troquet est un rubis au rouge pétant communard (kir au rouge). Dans son antre, l’œil chavire sous mille détails, vieilles pubs, bonhomme Johnny Walker, photo du paternel. C’est le patron qui a réalisé lui-même la déco.

Son expérience de la limonade parisienne évoque celle d’un bougnat avec 100 ans de retard. Sauf que le gars n’est pas auvergnat mais sarthois. Fils d’agriculteur qui a encore la vie de la ferme paternelle dans les tripes.

Débarqué sur le pavé parisien à l’âge de 18 ans lesté d’un baluchon, il a débuté comme homme à tout faire au P’tit Bougnat boulevard de Courcelles (Paris XVII). Il confie y « avoir appris le bien et le mal », mais n’en dit pas plus. Le fait est qu’il a commencé par livrer des sacs de bois de 25 kg en étant payé 5 francs de l’heure… (environ 80 cents d’euros) Il a ensuite été barman à la grande époque du Palace avant de passer une longue période au Café Varenne jusqu’en 2013.

La blanquette

«Je veux que les gens mangent bien et chez moi il n’y a que du frais.». On le croit volontiers quand on l’attrape le matin à éplucher ses 10 kg de pommes de terre du réputé « François la Patate ». C’est aussi le patron qui confectionne l’onctueux et craquant Paris-Brest et le mille-feuille à la framboise. C’est Momo, le chef, qui lui a appris ses classiques pâtissiers. Ce dernier a œuvré dans bien des fourneaux comme ceux de la Ferme Saint-Simon à l’époque où Denise Fabre était la patronne. Et ce chef s’y entend pour mitonner en diable du « cinquième quartier » : andouillette de Vire 5A signée Amand Terroir, joue de bœuf, rognons et surtout un foie de veau déglacé au balsamique, spécialité de la maison plébiscitée autant que la savoureuse blanquette.

Ce P’tit Zinc propose aussi une vingtaine de vins au verre. Sélection aussi éclectique que les goûts du patron qui démarche lui-même ses vignerons. En blanc, cela va d’un Mâcon de Solutré domaine de Vergisson bien minéral à un Côtes de Provence aussi pâlot que tendu du Château la Valetanne en passant par un gourmand Marsannay de Charles Audoin. A siroter un soir de concert de jazz manouche que le patron ne manque pas d’organiser une fois par mois. On se dit décidément que ce P’tit Zinc et son patron auraient fait le bonheur d’un Django.

P’tit Zinc

2 rue des Plantes, 75014 Paris
Fermé le dimanche
Tél. 01 45 40 45 50

*C’est le 4 avril prochain qu’aura lieu la remise de la Bouteille d’Or au patron du P’tit Zinc

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