Bacchus sourit au Roussillon

0

Les Catalans ont le chic de toujours se démarquer. Pour preuve, le clan Roussillon avance groupé en défendant sous une même bannière AOP et IGP. Rien d’étonnant. Voilà un vignoble dont les IGP – notamment les côtes catalanes-  affichent des tarifs souvent trois fois plus élevés que les AOP. Soit un prix moyen de 15 € la bouteille contre … 5€ pour une AOP côtes du Roussillon. De quoi faire perdre son latin à l’INAO et à sa pyramide de signes de qualité…

Ici, les IGP sont très loin de « donner » les 80 hl/ha autorisés. Du coup, ils représentent à peine un tiers de la production totale des AOP. « On voudrait bien mais on ne peut point », plaisante Philippe Bourrier, président du Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon (CIVR) quand on l’interroge sur ces bas rendements. 

Car les vins du Roussillon – 80% vins secs et 20% de vins doux naturels- sont aussi bons que leurs terroirs sont durs à travailler. Il faut avoir de bons mollets et des reins solides sur le plan économique pour supporter les coûts de production. 

Bacchus semble avoir de nouveau le Roussillon en faveur. Le millésime 2018 a été très « grand », en volume ( plus 10%) comme en qualité. Le choix de Perpignan comme Ville Européenne du Vin 2019 décerné par le réseau européen des villes du vin devrait porter ces échos positifs jusqu’à Paris. Car si les vins du Roussillon demeurent encore peu présents sur les cartes d’une façon générale, on les repère pourtant sur les cartes des beaux « gastros » et  chez les bons cavistes à des prix bien supérieurs à la moyenne. Comptez 20€ pour un bon collioure. « Quand on représente 2% de la production nationale, on a du mal à être visible, heureusement, il y a bien quelques figures de proue tel Hervé Biseuil – le Clos des Fées – NDLR)  mais le négoce sur Paris nous fait défaut pour mieux nous faire connaître. » confesse Philippe Bourrier. 

Ouf, le Roussillon semble avoir trouvé le salut dans le grand export. Les ventes hors Union Européenne représentent plus de la moitié des volumes exportés. Et « l’interpro » entend bien valoriser ses rouges en Chine et en Corée du Sud. Leurs profils aussi charpentés que fruités subjuguent, dit-on les palais de l’Empire du Milieu autant que ceux du Pays du Matin Calme. Les amateurs français de grands blancs pourront se rattraper sur des cuvées envoûtantes recourant souvent au maccabeu, au grenache gris, à la roussanne. 

Voir la sélection de vins du Roussillon secs

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.