La jolie diversité du Bugey

0

Jura au nord, Alpes à l’est, on passe trop vite sur le Bugey. Le vignoble mérite pourtant d’être connu. Depuis 2009, il affiche deux AOP : l’AOP Bugey et la Roussette du Bugey.

Par le passé, il a eu une solide réputation. Le gastronome  Brillat-Savarin, natif de Belley, avait sa vigne en Bugey. Avant le phylloxera de la fin du XIXe siècle, la superficie du vignoble dépassait les 7000 ha. Aujourd’hui, c’est à peine 500 ha mais avec une diversité de cépages, de textures et de couleurs peu commune.

Le vin de Brillat-Savarin

Ici, on recourt au chardonnay sept fois sur dix quand il s’agit de blancs. On peut l’assembler avec de l’aligoté, de l’altesse ou de la jacquère. Le chardonnay trouve une belle expression avec le Manicle, le cru du Bugey, fin, rond aux notes beurrées. Un cru issu d’un terroir de 12 ha qui produit aussi un pinot délicat que n’aurait pas récusé l’auteur de la Physiologie du goût. C’est oublier la Roussette du Bugey qui recourt exclusivement au cépage altesse.

En rouge, la palette n’est pas moins large : gamay , pinot noir et mondeuse sont travaillés en monocépage. «Nous ne voulions pas assembler, cela a été notre grande bataille.» explique un des responsables de l’appellation.

Mais les vins de Bugey se signalent enfin par le foisonnement de leurs bulles. Elles représentent 60% d’une production de mieux en mieux maîtrisée qui a ses aficionados sur le marché local. Ces effervescents se répartissent entre Bugey brut ou Bugey Montagnieu, en méthode traditionnelle. Et encore un vin emblématique, le cerdon, qui capte à lui seul 40 % de la production de Bugey Ce rosé à la robe de bonbon anglais, est aussi pétillant et joyeux. Réalisé selon la méthode ancestrale, c’est un assemblage de gamay pour son fruité et de poulsard pour sa structure. Les levures naturelles du vin déclenchent une fermentation partielle ralentie par le froid. La fermentation se poursuit en bouteille. Depuis une dizaines d’années, la plupart des producteurs de cerdon ont acquis des « équipements en froid ». Cela leur permet de maîtriser toutes les étapes du processus sans mauvaises surprises à l’arrivée en leur permettant notamment d’ouvrir la bouteille, de la vider dans une cuve de transfert durant un délai très court (24 ou 48h), de laver la bouteille, de la remplir et de la reboucher sans risques bactériologiques.

 

Voir la sélection des cuvées

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.