Jean-Claude Mas, ce winemaker languedocien qui défend le “luxe rural”

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jean_claude_mas_bouteille1Pour Jean-Claude Mas, le Languedoc est un vignoble béni des dieux. Mais plus question de faire pisser la vigne à l’ancienne, comme son grand-père avec ses pieds d’aramon crachant 300 hl/ha. Le petit-fils se concentre sur la maturité des raisins et applique à la lettre la charte Terra-vitis. Il promet d’être bio à 100% sur ses 7 domaines (450 ha) d’ici 10 ans. «Tout ce que je fais, je le fais de A à Z. Au contraire des négociants classiques, je pars des raisins pour arriver à la bouteille. Mon négoce, c’est le nouveau monde, celui de la winery. » De son expérience, Jean-Claude Mas a acquis une conviction pivot : l’idée que l’homme le plus important dans le vin, c’est celui qui l’achète et le boit. S’il prône le respect de la nature, il ne s’interdit pas des audaces en matière de cépages par exemple avec des pieds alsaciens. Et contrairement à d’autres expériences malheureuses dans la région, son sylvaner ou son gewurtz sont d’une belle élégance.

cote_mas_frogA côté de ses sept domaines répartis des Terrasses du Larzac à Limoux, il achète des raisins et des moûts à 80 viticulteurs. «Nous leur garantissons un revenu de 4500 à 6000 € l’ha de revenu (contre 3000 en coopérative NDLR ). Mais c’est nous qui décidons de la maturité et de la date des vendanges. Pendant cette période, j’ai mon labo où je goûte les jus et je connais la plupart des cuves». C’est d’ailleurs là qu’il élabore ses gammes : à commencer par son « Arrogant Frog », une sélection parcellaire d’AOC Limoux, qui doit faire un carton outre-Atlantique chez les adeptes du “French bashing” avant de faire place un moderato cantabile après dégustation. Question prix, sa gamme des vins en IGP et AOP Languedoc se tient plutôt bien, avec des prix s’étageant de 4,60 à 16,30€, et 30€ pour son haut-de-gamme Astelia. En France, on trouve ses vins dans les Repaires de Bacchus.

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Et en France la défense du “Luxe Rural” contre le foie gras industriel ?

Aujourd’hui, Jean-Claude Mas s’attaque à la France. Il a ouvert un restaurant – le premier d’une série ? – baptisé « Côté Mas » sur son domaine de Montagnac. Il y met en pratique son concept de Luxe Rural. Idée plutôt audacieuse tant chez nous la ruralité est plutôt synonyme de rusticité que de luxe. Prêcher le retour à la terre en ces temps de grande pollution et de “junk food”, pourquoi pas ? Avec ce concept de luxe rural, il entend redonner aux produits du terroir leur caractère d’exception. «Avec le foie gras, on est allé beaucoup trop loin en le vulgarisant. Il en va de même pour le saumon. C’est un désastre.» Ainsi sa carte imaginée par son chef nippon Taïchi Megurikami avec des produits bio récoltés dans un rayon de 60 km, le tout accompagné des vins de la maison. Façon d’apporter un peu de volupté à la ruralité ?

http://www.cote-mas.fr

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