Charles Rolaz, vigneron suisse qui penche vers la Bourgogne

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Émotions helvètes avec les vins de Charles Rolaz

A ceux qui réduisent les vins helvètes à des blancs acides destinés à accompagner des fondues plantureuses, le vigneron vaudois, Charles Rolaz, apporte un sérieux démenti. Ses vins déclenchent en effet des émotions décoiffantes et inédites. On en est presque surpris d’apprendre que sa famille, protestante, produit des vins dans le canton de Vaud depuis le XVème siècle.

rolaz_bootleAprès un détour par le droit et divers stages viti-œnologiques de par le monde, Charles Rolaz a pris les rênes de la maison de négoce Hammel, du nom de l’associé de son grand-père. Il s’attache à faire évoluer la physionomie de ses vignobles – sept sur le canton de Vaud, un dans le Valais- pour produire des grands vins de terroir qui s’adaptent au réchauffement climatique. Plusieurs sont classés Grands crus ou 1er cru. En pays de Vaud, le classement est réexaminé chaque année !

Depuis la fin des années 80, la famille Rolaz a replanté des variétés de cépages nobles – syrah et merlot- capables d’exprimer au mieux la variété de ses terroirs, souvent des coteaux abrupts en terrasses plantées jusqu’à 600 m d’altitude. Avec une charte de qualité draconienne : sélection parcellaire, réduction des rendements, vinification adaptée à chaque cépage. Sans oublier depuis 2006 un travail en bio sur 7 ha.

Les vins Rolaz récoltent des lauriers de façon récurrente car ils sont d’une étonnante élégance. Certains véritablement bluffants comme cette Ovaille 2010, 1er Gand cru Yvorne, 2010, un chasselas magnifique de générosité dans le panier de fruits (abricot, pêche jaune, reine claude) soutenu par une trame minérale subtile. Un grand blanc frais qui n’a pas à rougir de la comparaison avec d’autres crus issus de la Côte de Beaune.

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Ou encore, en rouge, ce Clos du Châtelard 2009, Apicius Grand cru Villeneuve, un merlot somptueux qui pourrait désarçonner nombre de propriétaires de domaines bordelais arc-boutés sur leurs réputations…
Évidemment, il y a le prix. C’est celui de grands vins de garde. Et avec la difficulté relative à les trouver en France, il y a là une double opportunité : celle de malmener notre chauvinisme viticole tout en allant quérir en Suisse un frisson plus pur que celui, prosaïque, d’échapper au fisc…

Plus d’informations : www.hammel.ch

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