Bordeaux blancs secs : the white is back ?

0

Jusque dans les années 60, la région bordelaise produisait autant de blanc que de rouge. Sauvignon et sémillon tenaient la dragée haute au cabernet franc et au merlot. Comme en d’autres vignobles, à force de productivisme la réputation des bordeaux blancs secs s’est un peu élimée. Et après le gel de 1991, ils n’ont jamais retrouvé leur place sur les zincs du CHR. Ils ont été remplacés peu à peu par d’autres productions. A commencer par les IGP Gascogne au profil régulier et leurs arômes de thiols (ces notes de pamplemousse propres au sauvignon).

 

Aujourd’hui, les bordeaux blancs représentent à peine 8% de la production avec une récolte 2017 en chute de plus de 40%. Ce sont des spécialistes qui continuent à les produire car ce sont des vins techniques qui réclament équipements et savoir-faire. Ces passionnés savent où planter des pieds de sauvignon, de colombard ou de muscadelle pour tirer le meilleur parti de leur terroir. Même si, évidemment, tout ne se vaut pas. Mieux vaut retenir le nom du producteur quand on craque pour une cuvée. A l’heure du formatage à outrance dans ces vins bon marché, la diversité bordelaise est en train de devenir un atout de taille pour ces bordeaux blancs variés. «Pas question de les cloisonner au seul accompagnement d’huîtres sur la dune du Pila » lance facétieux Marc Médeville, producteur au Château Fayau et vice-président du syndicat des Bordeaux et Bordeaux supérieurs qui milite pour le retour des blancs sur les zincs. Le geste bordelais de l’assemblage joue à plein pour des profils spécifiques lorsque le sémillon se mêle au sauvignon et/ou à la muscadelle.

 

«Et puis les blancs nous ouvrent des portes à l’export. »poursuit Marc Médeville. En revanche, pour Paris, c’est autre chose. Les réseaux du CHR préfèrent souvent un fournisseur au profil identique, ce qui rend plus difficile la prospection dans les zincs. Mais certaines cuvées ont de quoi séduire des restaurateurs parisiens en quête de profils différents et de marges confortables … D’autant qu’on voit apparaître des cuvées bio avec du gras et de la complexité qui rendent ces bordeaux blancs bien attachants encore que sur place, la mise en place des process HVE (Haute Valeur Environnementale) n’a pas fini d’alimenter sur place le débat récurrent sur les avantages et inconvénients du bio.

 

Voir la sélection

 

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.