“Tous au restaurant” version 2018…

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L’opération « Tous Au restaurant » (du 1er au 14 octobre) débute sous les meilleurs auspices avec 1600 adresses et un taux de réservation record nous explique La Fourchette ( Groupe TripAdvisor) qui a repris depuis quelques années l’opération créée par Alain Ducasse. Si le savoir-faire technologique est indiscutable, sur le plan gastronomique – et éthique-  c’est autre chose. Décidément, cette Fourchette est plus vorace que gourmande dans le choix de certains de ses « partenaires » tels qu’Unilever Foods. 

Alors qu’on nous promet de « découvrir les plus belles tables de France », doit-on craindre de déguster des terrines réalisées à partir de solutions déshydratées d’Unilever ou de savourer un turbot réalisé avec un beau fumet de poisson en poudre ?  Idem pour le jus de veau lié à la sauce accompagnant le tournedos ? 
On comprend que les chefs participant à l’opération tiquent à l’évocation d’Unilever comme partenaire. Au vœu pieux implicite du fait-maison s’ajoute cette année le débat aigu sur l’alimentation. Unilever Foods comme Nestlé et les géants de l’agroalimentaire  s’opposent à la mise en place du Nutri-Score, l’indicateur adopté par la France pour indiquer les qualités nutritionnelles d’un aliment. De quoi lutter contre l’obésité galopante qui va laminer des milliards de vies. 
Bref, on n’est plus seulement dans le débat folklo contre « Tricatel»  ! En plus de saturer les estomacs en mauvaises graisses, on détruit aujourd’hui les derniers joyaux naturels de la planète. Et là-encore, on retrouve nos amis d’Unilever. L’image déchirante de l’orang-outan tapant sur le godet d’une pelleteuse au milieu d’une forêt dévastée de Papouasie a soutenu les conclusions sur la fameuse huile de palme faussement durable. Greenpeace a rappelé récemment qu’Unilever comme d’autres se fournit auprès de sociétés à l’origine de la destruction de plus 130 000 hectares (ha) de forêts depuis fin 2015. « 40 % des zones rasées (51 600 ha) se trouvent en Papouasie indonésienne, une des régions du monde les plus riches en biodiversité … jusqu’à récemment préservée de la mainmise de l’industrie. » comme le soulignait Le Monde.
Bref, il serait peut-être temps que toute la galaxie des tartuffes techno-food prenne conscience du contenu des assiettes et arrêtent de banaliser le mal à la recherche de « partenaires ».

Deux questions à Stanislas Leblanc, directeur de “Tous au restaurant” .

Alors, vous manquez de sous au point de ne pouvoir refuser un sponsor tel qu’Unilever Foods ?
L’opération est financée à 90% par des partenaires. On ne fait pas autorité sur le choix des partenaires. Unilever Foods dans ce cadre a des solutions marketing et de communication auprès du grand public et des professionnels. C’est un vrai partenariat.

Même s’ils font des produits qui n’ont rien à voir avec la gastronomie ?
Tous au restaurant est bien équilibré concernant les partenariats. Ma mission est d’organiser un événement majeur de la restauration dans lequel tous les restaurateurs sont les bienvenus. On travaille avec des chaines de restauration et des groupes mais aussi des bistrots, des grandes brasseries. Tous au Restaurant c’est la fête de la restauration, pas forcément celle des tables étoilées. *
Je ne suis pas maître des recettes (des plats – NDLR) de l’opération, ce sont celles des restaurateurs qui y participent. Beaucoup font appel à Bonduelle, à Unilever et à d’autres partenaires.

*Le slogan de la campagne c’est “2 semaines pour découvrir les plus belles tables de France.”

Tous au Restautant : du 1er au 14 octobre 2018

https://www.tousaurestaurant.com

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