Sirha 2017, des grives ou des merles ?

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Drôle de contexte pour le Sirha 2017. Rejet des œufs de poules en cage par les « Mousquetaires », obligation d’afficher l’origine de la viande dans les produits transformés mais aussi scandale avec les turpitudes comptables de Monique Piffaut à la tête de la Financière Turenne Lafayette (William Saurin, Garbit et Madrange) mettant en danger 4500 emplois.

Sans oublier les caméras qui pourraient devenir obligatoires dans les abattoirs et une filière foie gras  touchée au cœur par des abattages de mulards qui font rager  les petits producteurs du sud-ouest contre les groupes dits « coopératifs » géants tels  Maïsadour ou Euralis. N’en jetez plus…

Avec ses sponsors géants, le Sirha de prime abord semble à l’image de cette industrie agroalimentaire toujours plus concentrée, ce qui en terme d’uniformité peut susciter des inquiétudes d’autant que l’obsession des prix bas -notamment de la part des distributeurs- ne joue pas toujours en faveur de la qualité du pain quotidien…
Mais dans dans le chapelet d’innovations que le Sirha rend visibles, il y a des produits industriels dont le niveau gustatif oblige parfois le fait-maison à déclarer forfait. C’est particulièrement vrai dans la pâtisserie.

Dans la série des grands chefs affichant des partenariats avec des industriels, on attend cette année Yannick Alleno, « grand saucier », qui devrait animer le lancement de la gamme des sauces de Rougié (filiale d’Euralis). Soit.
Et puis, bien sûr, il y a les Bocuse d’Or qui font encore rêver bien des jeunes chefs… Il y a aussi les apôtres du « resto digital » et ses promesses en termes de chiffres d’affaires. Pas forcément inutiles dans un contexte marqué par une chute de recettes et un contrôle accru de Bercy sur le cash en 2018.

Hergé – Les aventures de Jo, Zette et Jocko Le Stratoneff H.22 – planche 51 – 1938 – collection Studio Hergé

Reste que si l’on s’intéresse au contenu des assiettes, dans une définition large de la gastronomie chère à Brillat-Savarin, force est de constater que si nombre d’exposants voient aujourd’hui le bio comme une tendance majeure, beaucoup regrettent qu’il faille souvent se fournir à l’étranger alors que l’agriculteur français a rarement été en si mauvaise posture et que la biodiversité du pays est en danger…Il serait bon qu’un salon fasse vraiment le lien entre la nature et l’assiette. Faute de quoi, si l’on se fie au dicton, les merles risquent bien de remplacer les grives…

Lire également : “Slow food alliance : chefs et paysans même combat !»
http://www.sirha.com/

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