La FNSEA sonne la charge contre les “miels” asiatiques

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Quand les apiculteurs de la FNSEA (environ 1200 des 3000 apiculteurs professionnels recensés) veulent tirer la sonnette d’alarme de leur profession, ils sont obligés d’emprunter des chemins de traverses sauf à ouvrir une boîte de pandore et mettre un sérieux désordre dans la ruche de la FNSEA en dénonçant le productivisme. Axe majeur de la politique maison… «On ne peut pas rêver d’un monde sans pesticides» plaide Bernard Berque, le président de section Apiculture. «Nous avons des contacts avec les agriculteurs. On leur explique qu’il vaut mieux traiter à 7h qu’à 11 h du matin. Et l’on fait des progrès sur la réduction des phytosanitaires… Pas facile de faire passer le message mais certains commencent à prendre conscience qu’ils ont intérêt à favoriser une pollinisation par les abeilles. Sur un tournesol, l’abeille peut faire gagner 15% des fruits et donc augmenter les revenus des agriculteurs. Plus il y a de passages d’abeilles, plus le fruit est gros. La taille d’un melon dépend directement du nombre d’abeilles qui viennent visiter la fleur. Idem pour le kiwi. Ce qui était vrai pour les arboriculteurs commence à être pris en compte par les producteurs oléagineux.» A quand des cours sur le rôle et la fonction des abeilles dans les lycées agricoles ?

Il est vrai que la France, pays de la diversité florale, a un savoir-faire en matière de miel. Ses filières de miels d’origine (miel de Lavande Provence etc. ) lui ont longtemps permis de résister à la globalisation du marché du miel à l’uniformisation de son goût.

Mais en 15 ans, la production de miel français a plongé. Avant 1992, avec 38 000 tonnes produites, la France était proche de l’autosuffisance. Aujourd’hui, avec 20 000 tonnes, que ferait-on sans le miel chinois ? Certes, tous les apiculteurs du dimanche ne sont pas remplacés, mais si la production française flanche c’est bien parce que les abeilles succombent. D’où la hausse des prix du miel français. Les causes de la mortalité des pollinisateurs sont nombreuses. Parmi elles, la réduction de la biodiversité avec l’extension du maïs et du tournesol et leur cortège de pesticides les affaiblissent face aux parasites. Peu d’abeilles parviennent à passer l’hiver sans leur dose de glucose…

Pour rendre le miel français compétitif, il faudrait donc pouvoir augmenter sa production. En clair s’attaquer au productivisme agricole. N’est-ce pas un vœux pieux quand on connaît la puissance du lobby céréalier ou celle des coopératives du sud-ouest et leurs liens avec les grands fabricants de phyto, BASF, Bayer et consort. Pas facile donc d’être apiculteur à la FNSEA…

Les secrets de fabrication du miel chinois
Les Chinois comme les Indiens n’attendent pas que les abeilles aient asséchés leur miel et fait tomber son taux d’humidité à 18% avant de le recouvrir de cire. Ils le récoltent à 50% d’humidité. Pour stopper sa fermentation, ils introduisent des produits et le font sécher sur des plaques de métal. Ensuite, il n’est pas rare qu’ils le coupent avec du glucose. Un mélange difficile à identifier.
On rappellera également les résidus d’antibiotiques dans les miels chinois qui avaient été de ce fait interdits en 2004. Doit-on leur lancer la pierre quand on sait le volume d’antibiotiques consommés par les élevages porcins ?

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement tire la sonnette d’alarme sur les dangers qui menacent les pollinisateurs. Lire l’article

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