Le Sarah Bernhardt

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Créer un café historique ex nihilo dédié à la plus grande tragédienne du théâtre français. Lui donner, plus que l’illusion d’une époque, presque la patine de l’histoire, sacrée gageure ! Mais c’est ce que l’on ressent face à la nouvelle version du café Sarah Bernhardt, place du Châtelet.

Les puristes pardonneront quelques anachronismes. Ce mélange de références du Second Empire – les franges sur les appliques chères à l’impératrice Eugénie – et de style Art nouveau comme les lampes tulipes et les courbes et volutes chères quant à elles à Mucha. Qu’importe ! les périodes se suivent entrecoupées par le séisme de la Commune et ce beau café demeure donc un régal pour l’œil,  à commencer par la mosaïque signée Delphine Messmer que l’on croirait avoir été créée en 1900.

Sarah Bernhardt, « monstre sacré » comme l’avait qualifiée Cocteau, se découvre ici dans des dizaines de photos et portraits. Ce café est son théâtre avec son escalier, ses plateaux de décor, sa verrière arrondie et un sens du détail… théâtral qui court jusqu’aux toilettes avec entrée des Artistes et petit sofa.

Guy et Julie Vernhes

Attirer à la fois une clientèle culturelle sensible au beau décor et ne pas perdre son âme de bistrot populaire, la ligne de crête était étroite pour le patron des lieux. «Face à une nouvelle décoration, le plus compliqué c’est de faire envie. Surtout ne pas faire peur en évitant que les gens se disent que l’endroit n’est pas pour eux. » explique Guy Vernhes, à la tête du café depuis 20 ans.

En bon Aveyronnais qui connait sa limonade, le bonhomme tenait à conserver cet esprit bistrot populaire avec un grand comptoir où toutes les classes sociales se mêlent sans chichi.«Nous sommes parfois le seul endroit où des gens peuvent parler à d’autres dans la journée. »

L’ex-Théâtre de la Ville qui intègre le café devrait reprendre le nom de la comédienne. Mais il faudra encore patienter deux ans de travaux, avant que le théâtre ne soit enfin opérationnel. Quant à celui du Châtelet, de l’autre côté de la place, il devrait réouvrir en septembre. Ainsi, après un long tunnel, le début de ces folles soirées devrait reprendre pour le Sarah Bernhardt avec leurs mouvements de foules “théâtreuses” à qui il faut servir des  “salades à 2000 km/h” avalées en un quart d’heure.

«C’est l’aspect le plus exigeant de notre café, cette rapidité qu’il faut déployer à tout prix. On voit au comptoir même des sandwichs et verre de vin, ingurgités en 5 mn.» explique Julie Vernhes, la fille de Guy. C’est elle qui a conçu une carte de brasserie de bon aloi pour une cuisine maison gentiment tarifée. Mais le Sarah Bernhardt , n’échappe pas à la dure loi d’airain des cafés de théâtre à savoir quand la sonnerie retentit plus rien ne compte, ni déco, ni assiette face à la pièce qui se joue.

Le Sarah Bernhardt

2, place du Châtelet
75004 Paris
Ouvert 7/7 – 7h00 – Minuit
Tél. 01 42 72 00 71

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