La Victoire, bistrot serbe

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Depuis le 11 novembre 2019, la Victoire rue Simplon mérite son nom dans toute sa plénitude. C’est ici que les Serbes de la Capitale se réunissent après l’office dans l’église orthodoxe voisine. En serrant la main de Suzana, la patronne de ce petit bistrot balkanique,  le président Macron a contribué à faire oublier la boulette élyséenne de novembre 2018…  

Sous l’Arc-de-Triomphe, le 11 novembre 2019, le Président de la République sert la main de Suzana, patronne du bistrot La Victoire ( Paris 19) et porte-drapeau de la communauté serbe de Paris.

Voilà un an, à la Victoire, les verres de rakja -eau-de-vie de prune serbe- ne se levaient pas au nom de l’amitié franco-serbe… Le centenaire de l’Armistice de 1918  fut celui d’un affront français infligé à la Serbie. Lors de la cérémonie place de l’Etoile, le président de la Serbie avait été en effet placé dans une tribune annexe alors que son homologue du Kosovo, état jeune et non reconnu par une grande partie de la communauté Internationale, était assis dans la tribune principale derrière les présidents Macron et Poutine. Difficile à supporter pour une Serbie, alliée indéfectible de la France durant la Grande Guerre qui y perdit un tiers de sa population et dont le Kosovo représente le cœur historique de la nation auquel elle a dû renoncer…
Le voyage du Président Macron à Belgrade en juillet qui y a lu un discours en  serbe a depuis  remis un peu de baume au cœur du vieil allié balkanique.  Et en ce novembre pluvieux, dans ce petit bistrot où l’on se sent projeté en plein Belgrade, les tristes mines n’étaient plus de rigueur. 
Au comptoir, les petits verres de rakja alimentent les conversations. A table, c’est comme au Pays. Et pour tout dire, on s’y sent encore mieux en hiver avec des plats roboratifs faits maison. Pas question de commencer un repas sans cette «corbe » (tchorbe…)  ou soupe de poulet très goûteuse. Et sans avoir au préalable avalé quelque “paprikes” (piment), façon de secouer les papilles. Qu’on se rassure le Vranac, vin du cépage éponyme, originaire du Monténégro, est à portée de main pour éteindre l’incendie. 
En plat principal,  les « sarmes», ces feuilles de chou mariné farcies à la viande, se dévorent accompagnées d’une “proja”, sorte de pain plat composé de semoule de maïs et de farine de blé, ainsi que d’œufs et d’huile végétale. Très répandu dans les Balkans, c’est une alternative savoureuse au pain.

Les “sarmes” (prononcez sarmés ) de la Victoire

Au dessert, la patronne vous proposera des crêpes maison (palacinke) garnies de confiture de prune ou d’églantine. Ou encore de la baklava, une pâtisserie à base de pâte phyllo, souvenir de l’empire ottoman. Ne restera plus alors que faire une pause au comptoir pour faire passer le tout avec une dernière rakja. Ziveli* ! 
Comptez entre 15 et 20€ par tête.

La Victoire

21 rue Simplon
75018 Paris

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