L’Oktoberfest, convivialité munichoise

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Chaque chapiteau a son ambiance, sa bière et sa spécialité gastronomique. Celui de Paulaner est très populaire tout comme celui de Pschorr qui semble attirer le plus de munichois et semble le plus mixé socialement… On est debout sur les bancs dès 19h jusqu’à la fermeture à 22h30. Celui de Spaten a pour spécialité le bœuf à la broche.

Pour autant, le système ne semble pas aussi corseté que les seins des Bavaroises dans leur jolies robes. Depuis quelques années, des marques de champagne ont réussi à s’immiscer dans les travées de certains chapiteaux. Il en va ainsi du Marstall où l’on réserve à l’avance. On peut y voir des magnums de Moët  défiler entre les tables comme des mannequins à la fashion week. Et quitte à faire se retourner dans sa tombe Talleyrand, ici, point de flûtes, les serveuses habiles et intéressées au chiffre d’affaires, remplissent les chopes de bulles champenoises rendant ainsi plus endiablée la valse des flacons ( de 230 à 700 € pièce). Mais le Cheval Blanc est aussi à la carte … à 2200 € la cuvée. A ce prix-là, on comprend qu’ une table de clients suisses ait réglé une note de 33 000 €.

Au royaume du houblon teuton, tout le monde ne goûte pas la bacchanale. «Boire du Dom Pérignon ici juste pour la frime, c’est une décadence ! » déplore Alexandre, jeune Munichois. Tant il est vrai qu’en Bavière la bière est un ciment social. Chaque village ou presque a sa brasserie et sa fête votive. L’occasion pour les garçons d’enfiler le ” lederhosen “, la culotte de peau de plus en plus tendance. On en voit s’afficher sur les murs de Munich portés par des mannequins trentenaires qui n’ont rien à envier à ceux des marques mondialisées. Comme si le folklore était devenu un signe de modernité et de convivialité parmi les jeunes, au point d’ailleurs que les boîtes de nuit bavaroises sont à l’agonie sous l’effet de la montée en puissance des fêtes de villages.

Ouf ! quel que soit le chapiteau, le « Eine prosit » scandé par les orchestres toutes les dix minutes  demeure le couplet fédérateur de l’Oktoberfest. Il déclenche les chocs des chopes et une série de culs secs. Bref, cet accélérateur de tournées est un rêve pour n’importe quel limonadier parisien.

A 10h30 quand ferment les chapiteaux, une foule bon enfant envahit les rues de Munich. Si Rio a la Samba, la démarche chaloupée et bon enfant de nombreux participants revenant de l’Oktoberfest est un spectacle munichois dont on ne se lasse pas…

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