Vignerons Franciliens Réunis

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bersacPatrice Bersac, le président des Vignerons Franciliens Réunis (VFR), s’avère bien décidé à sortir du cadre folklorique l’association VFR et à la professionnaliser. Tout en profitant des nouvelles opportunités ouvertes par la réforme européenne des vins. Notamment avec la montée en puissance des vins d’indication géographique (IGP).

Dans l’esprit des membres de l’Association, il ne s’agit plus seulement d’organiser quelques vendanges de pieds de vignes communaux mais bien d’initier une démarche de demande de droits de plantation en Ile-de-France.
Pour ce faire, l’association compte notamment dans ses rangs cinq agriculteurs franciliens motivés par une reconversion de leurs terres dans la viticulture. Au total la surface pourrait atteindre selon Patrice Bersac (ci-contre) 300 ha. Sur le terrain, par exemple autour de Provins, on est beaucoup plus attentiste….

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Gravure du XVIIIe siècle représentant le Mont-Valérien vu du côte de l’actuel Bois de Boulogne

Evidemment, entre la crise du lait et le marasme de la viticulture languedocienne, les enjeux de l’avenir d’une viticulture francilienne peuvent sembler anecdotiques. Raison de plus pour Patrice Bersac de ne pas cesser de mettre la pression sur les politiques. A commencer par les élus régionaux et les présidents des conseils généraux. Si tous se déclarent prêts à soutenir la vigne en Ile-de-France, peu nombreux sont ceux qui prennent la plume pour écrire au ministre de l’Agriculture afin de soutenir la demande des droits de plantations en Ile-de-France. Lors du Salon de l’agriculture de février 2009, Patrice Bersac a exposé à Michel Barnier ses projets viticoles franciliens. L’écoute bienveillante du ministre ne s’est pas transformée dans les faits du côté de l’administration…
Pourtant, sur le plan touristique, un vignoble francilien serait un formidable atout pour Paris et sa région alors qu’aujourd’hui, domine la banalité d’un paysage céréalier…

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Ci-contre, la vendange 2007 des vignes des Marcottes à Chalmaison dans le 77, par l’association loi 1901 « Chalmaison Patrimoine et traditions  » qui compte une soixantaine de membres.

En 2018, on pourra planter autant de vignes que l’on voudra où on le souhaitera. Alors pourquoi pas en Ile-de-France…

Mais sans soutien de l’administration française, il y a de quoi s’arracher les cheveux.  Car rappelons-le, la plantation de vigne à des fins de consommation personnelle ne bénéficie pas d’un régime particulier d’autorisation en France. Quelle que soit la vocation de la vigne, il faut disposer d’un droit de plantation, ce qui met les 170 petits vignobles franciliens en situation délicate. «Il ne s’agit pas de vignes illégales mais de vignes franches» tempère Patrice Bersac. La solution pourrait bien venir de l’Europe avec l’Orgnisation Commune du Marché (OCM) qui prévoit l’abolition des droits de plantation en 2018. On pourra planter autant de vignes que l’on voudra où on le souhaitera. Alors pourquoi pas en Ile-de-France…Le libéralisme européen modifiera-t-il les paysages franciliens ?

L’association des Vignerons Franciliens Réunis regroupe près de 200 vignerons franciliens, communes, particuliers, et conseils généraux.

vignerons_francilienElle a été créée en octobre 2000, à l’initiative d’un consultant en Relations Publiques spécialisées sur les communes. Christian de la Guéronnière a eu l’idée de mettre en réseau les particuliers et les collectivités qui se sont lancées dans la plantation de cépages.

L’association publie de superbes cartes et plaquettes et ne manque visiblement pas de ressources avec des recettes de 165 000 €, principalement issues explique-t-on des prestations de conseil de plantations et d’entretien prodiguées aux vignobles des communes franciliennes qui se lancent dans l’aventure. De quoi faire rêver bien des techniciens de la vigne en province. Mais visiblement quand il s’agit de former agents municipaux franciliens à la taille et l’entretien du Chardonnay, les budgets ne manquent pas….Rien de plus chic pour un maire que d’avoir quelques arpents dans le parc municipal. La vigne est un moteur de convivialité et les vendanges un moment de rassemblement de la population locale, ce qui pour plait plus que tout aux édiles.

Et c’est vrai qu’on ne va pas gâcher son plaisir. Il est agréable à l’œil de voir pousser des vignes dans les parcs et jardins et même au pied des barres de béton. Cela change des carrés de géraniums. Rien de mieux que des ceps pour agrémenter la jolie vitrine pour la région. Une image en cohérence avec l’histoire l’Ile-de-France, même si l’on reste dans le pur folklore .

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