L’acoustique des bistrots : le monde de l’anti-silence

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La crainte de nuisance vis-à-vis des riverains et voisins est le premier élément pris en compte par un patron. Mais certains ont du mal à accepter que leur endroit perde des m2 du fait de l’isolation. «J’en vois qui  sont prêts à tout négocier pour me convaincre de réduire l’épaisseur de la couche isolante de 20 à 10 cm, cela en devient comique » raconte Marc Chazeaux, du cabinet WKZ Architecture et Acoustique. Cet architecte acousticien spécialisé sur le bruit est intervenu sur bien des bistrots et des salles de concerts de la capitale.

Les nuisances sonores ne sont pas tout. Il y a également le confort acoustique. Cette fois-ci, on se place du côté client. On n’en a pas forcément conscience sur le coup, mais l’acoustique joue sur la perception globale de l’endroit. Elle fait appel à la fois à des éléments objectifs et subjectifs. Un bistro qui a un bon son n’est pas un bistrot ouaté ou aseptisé, ce peut-être un bistrot où les voix des garçons résonnent avec clarté, «Et deux express ! deux», qui donne l’impression d’un son familier qui rassure.
Tout autre est la problématique lorsqu’il s’agit d’un bar lounge où les vibrations de bossa nova doivent s’insinuer sans couvrir les voix se livrant aux confidences. Inversement, une grande brasserie implique souvent la rumeur de la foule, celle qui fait la vie.

On l’aura compris, le son est une affaire bien compliquée qui fait appel à des critères de niveau sonore, d’intelligibilité, d’intimité et de confidentialité propres à ce qu’on attend de son endroit. Si on ne peut pas se parler sans hurler, il faudra peut-être penser à le “meubler“. «Sur le plan de la décoration, réduire le niveau sonore pour un confort acoustique est assez contraignant, car il faut recourir à des matériaux poreux pas forcément adaptés aux contraintes de la restauration, il faut savoir les utiliser d’une manière qui soit acceptable tant sur la plan de la décoration que sur celui de l’utilisation.» conclut Marc Chazeaux. Une chose est sûre, le bistrot s’accommode mal du Silence.

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