CUISINE
DE BISTRO
>> Bistrots de chefs
Stéphane
Jego, chef de l'Ami
Jean
«Moi
aussi je souis ... basque» lancent
les New-yorkais qui arrivent chez l’Ami Jean après
le service et qui jouent ainsi leur va-tout pour être
servis. Il faut dire que l’endroit déjà réputé a
connu sa consécration internationale depuis que son
chef, Stephane Jego a décroché en
janvier 2007 un grand article dans le New-York Times qui
mettait en lumière sa cuisine innovante et savoureuse
dans une approche démocratique.
Ce n’est que justice. Et c’est vrai
qu’à l’Ami Jean même dans ce beau
7eme, on revient à l’esprit Bistro. Son menu du
marché à 30 € vaut la cuisine de mille restaurants
trois fois plus chers. Question cadre, l’Ami Jean est
un bistro basque depuis les années trente. Pendent
aux murs piments d’Espelette, jambons et paleta. Si Patxi,
le barman, est de Saint-Jean-Pied-de-Port, il va bientôt
retourner au pays prendre une affaire, le Chef est de Lorient.
Une espèce d’alliance de la France du Littoral. Bref,
tout de suite, on se sent en confiance. Même les m’as-tu-vu
sont obligés d’oublier les chichis.

Mais
c’est dans l’assiette que cela se joue grâce
au brio de Stephane Jego. Formé par Yves Camdeborde à la
Régalade durant onze ans, Jego est la figure emblématique
de la bistronomie.
Ce jeune trentenaire au regard ombrageux mais qui n’a
pas froid aux yeux n’est pas sans évoquer les
visages acérés des “blousons noirs“ des
sixties, il aurait plu sans doute à Melville, en résistant
dans l’Armée des Ombres.
En tout cas, dans sa cuisine ouverte sur la
salle, il est en première ligne à dresser les
assiettes avec le rythme des commandes gardant toujours l’œil
sur la salle. Il peut à la fois, faire des choses
les plus zen respectant totalement l’intégrité du
produit. Il en va ainsi, par exemple quand il fait griller
ses coquilles saint-jacques avec leurs coquilles ou où lorsqu’il
fait ses langoustines en cocotte façon amatxi (grand-mère).
Sauf à préciser qu’à chaque fois,
il ajoute quelques petits copeaux de croûtons grillés
et de lards et de la ciboulette.
Il peut aussi mettre au point des saveurs beaucoup
plus recherchées comme ce crémeux de légumes,
mousseux et aérien là encore servi zestes de
croutons et de ventrèche.
Amateurs de sucrés, les desserts du père
Jego sont à pleurer de bonheur, il en va ainsi de son
riz au lait, blanc comme neige et parfumé ou de ses
drôles de yaourts. Quant aux vins, évidemment,
on n’est pas obligé de choisir le Pétrus à 1200 € mais
se contenter d’un Gaillac signé Robert Plageoles,
là encore un innovateur.
LB
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L’Ami Jean
27, rue Malar
75007 Paris
Tél : 01 47 05 86 89
Menus à 30 euros
Fermé dimanche et
lundi
Service jusqu’à 22h30
Réservation indispensable
Contact





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