Une Saint-Julienas des Prés sous le signe d’une réconciliation beaujolaise

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La Confrérie de Saint Juliénas des Prés n’a pas failli à la tradition. Son 24ème chapitre, tenu le 25 mai au pied de l’église Saint-Germain des Prés, a vu notamment l’intronisation du comédien Pierre Santini formé au TNP de Jean Vilar et de deux aubergistes parisiens au talent reconnu de longue date : Patrick Fracheboud de la Bonne Franquette à Montmartre et Alain Fontaine Coupe du Meilleur Pot 2016 avec son bistrot le Mesturet dans le 2ème arrondissement.
Au-delà du folklore bachique, Vincent Audras, grand maître de la Confrérie, avait un autre motif de se réjouir avec la création toute récente du Comité du coordination des Vins du Beaujolais. Une nouvelle structure qui devrait mettre un terme au long conflit entre producteurs de crus (Chénas, Brouilly etc..) et ceux des beaujolais « génériques» et villages.
En décembre 2014, les premiers avaient décidé de quitter l’Union des Vignerons Beaujolais posant un sérieux problème de gouvernance et de représentation de la filière beaujolais dans son ensemble. «Mais à l’heure de la mondialisation, nous n’avons pas intérêt à nous manger le nez. » explique Vincent Audras.




«C’était d’autant plus rageant que cet effondrement institutionnel est intervenu au moment on commence à faire reconnaître la qualité de nos vins». confiait une vigneronne.
Il est vrai qu’un Inspecteur général de l’agriculture, dépêché sur place en avril 2015, avait conclu à la nécessité de mieux coordonner les actions avec le bassin de la Bourgogne. «Le succès incontestable et considérable de la marque beaujolais nouveau…a retardé les nécessaires adaptations de l’ensemble de ce vignoble. » avait-il écrit dans son rapport. Au-delà, il dressait un constat implacable sur les handicaps du beaujolais ayant du mal à couvrir ses coûts de production. D’ailleurs, la crainte souvent évoquée de reprises du vignoble par des prospères négociants bourguignons commence à s’estomper. Et pour cause, «les Bourguignons commencent à réaliser que les beaujolais sont chers à produire.» confie Vincent Audras. L’heure de la revanche du gamay aurait-elle sonné ?

vue-Brouilly

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