Marques&Coop s’engage sur le développement durable

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Hasard du calendrier ? Alors que certains vignerons se disent victimes “d’agribashing”, quelques grandes coopératives ont décidé de communiquer sur leur engagement en matière de développement durable. Ainsi en va-t-il du club Marques & Coop* -12 coopératives représentant 30 000 ha de vignes et 4000 vignerons-. « Comme toute l’agriculture française, nous n’avons pas toujours été irréprochables…» a expliqué en substance Philippe Brel, le DG d’Estandon en guise de mea culpa.

Les membres de Marques&Coop semblent décidés à rattraper le temps perdu avec une série d’engagements et de certifications tels que passages en bio accéléré, HVE3 (Haute Valeur Environnementale) ou encore le bannissement des phytos CMR (cancérigène, mutagène et reprotoxique), la production de vins sans sulfites et/ou des indicateurs zéro résidus de pesticides…

Rappelons que la loi EGAlim ( loi agriculture et alimentation votée en octobre 2018) stipule notamment que tous les signes de qualité ( IGP, AOP) devront inclure dans leurs cahiers des charges une certification environnementale obligatoire d’ici…2030.  Le ministère de l’Agriculture doit sortir un décret précisant la nature de ces certifications. Il y a fort à parier que certains acteurs du vin seront forcément très en deçà et d’autres beaucoup plus avancés selon où le curseur sera posé. C’est aussi dans ce contexte qu’il faut lire la démarche du club Marques &Coop.

Estandon, géant provençal du rosé, semble parmi les plus avancés avec un objectif de 25% du vignoble (3800 ha) en conversion bio d’ici 2021. D’ores et déjà 260 ha sont en conversion. D’autres, tel  Sieur d’Arques (Limoux ) s’orientent plus vers le HVE3 et le bannissement par tous les membres des produits CMR. Idem pour les coopérateurs Bordelais de Tutiac (450 vignerons ) avec la fin des CMR en 2019 et la certification en HVE3 de 100% de la récolte 2020. De plus, Tutiac s’engage à convertir désormais au bio 100 ha par an. Sur leurs 6000 ha, les Vignerons Ardéchois ont concocté un plan d’action baptisé « Ardèche par nature » incluant parmi d’autres le passage en bio ou en HVE à l’horizon 2022/2023. Même si pour l’instant, seuls 150 ha sont en bio.

 

Pour sa part, Vinovalie (3800 ha), 1er metteur en marché des vins du Sud-Ouest, a lancé le plan Biovalie qui se fixe un cap 2025. Il comprend 7 engagements qui vont de la transparence au bilan carbone en passant par le respect de la biodiversité ou encore le souci des conditions de travail dans le vignoble. Côté certification, la fourchette d’engagements est large, soit de 22 à 80 % du vignoble labellisé en HVE3 d’ici 2022.
Du côté du Rhône…  Rhonea (2000 ha de vignes) annonce  7% du vignoble déjà bio et/ou en conversion et s’est fixé un objectif de 10% à 5 ans. Mais un quart du vignoble est certifié HVE3 et l’ambition est de doubler cette surface d’ici deux ans. Au-delà, on insiste sur l’engagement beaucoup plus large de l’entreprise en développement durable.

Alors certes ce large éventail de labels et certifications en tout genre a parfois de quoi égarer les meilleures volontés. Mais difficile pourtant de passer sous silence ces efforts qui, sur le terrain quand on a connu le fonctionnement de certaines coopératives – longtemps omnibulées par les seuls rendements et degrés alcooliques- doivent parfois signifier dans le cas présent de sacrées révolutions culturelles sur le terrain.

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