Jean-François Janoueix, le Corrézien de Saint-Emilion

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Depuis des décennies, les vendanges à Haut Sarpe – qui demeure le cœur de l’Empire- comptent parmi les plus courues de la planète. Le père Janoueix n’a pas hésité à mélanger les sexes et à mettre en valeur de jolies filles venues de partout. Mais aussi des jeunes comédiennes telle Emmanuelle Riva venue cueillir les grappes durant les années soixante. 

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Bien des couples s’y sont formés. JF Janoueix revendique 42 mariages issus de ses récoltes bachiques. Lui même n’a-t-il pas succombé au charme de Françoise, jeune vendangeuse avec qui il a construit sa vie. «Pour ces mariages-là, c’est moi qui offre le vin pour la fête.» affirme-t-il. Idem, quand les couples baptisent leur fils, Emilion. A l’entendre, il y en aurait déjà eu sept. 600 demandes affluent chaque année sur son bureau pour 150 places. Les enfants de ses collègues propriétaires y envoient leur progéniture. De à penser que les vendanges Janoueix aient la même fonction que les rallyes de la haute bourgeoisie parisienne…D’ailleurs, c’est là encore une belle revanche pour ces Corréziens longtemps méprisés par les grandes familles bordelaises…

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Pour éviter que les vendangeurs ne filent faire la fête à Bordeaux et ne soient pas d’attaque le lendemain, JF Janoueix a créé sur place le Glou Glou. Ce cabaret vendangeur est connu du tout bordeaux. Même Alain Juppé parvient à se lâcher et à laisser comme les autres ses cravates en guise de trophée pour le propriétaire.

Car le père Janoueix a un carnet d’adresses à faire blêmir n’importe quelle “RP” d’Hollywood. Là encore la Corrèze joue son rôle. Ainsi, par exemple quand, en 2012, son Haut Sarpe réapparaît sur la table de l’Elysée dès les premiers dîners officiels du président Hollande. L’homme a un génie pratique et intuitif de la « com » et des coups médiatiques car il parvient à mettre son grain de folie au service de sa stratégie. Ainsi, en va-t-il de ses crises de « collectionnite” aiguë. Exemple avec les chais de la Gasparde, le domaine de l’un de ses deux fils en côtes de Castillon, qui abritent un musée de la Guerre de Cent Ans avec heaumes et arbalètes. Ou encore au château Castelot, une sorte de musée des arts et traditions populaires avec une foule d’objets artisanaux qui nous semblent aujourd’hui improbables mais qui révèlent le génie pratique des artisans du passé. Ce que JF Janoueix adore. Dernière de ses lubies, les belles poules médaillées au Concours agricole qu’il ramène du Salon de l’Agriculture où il ne rechigne pas à mouiller sa chemise pour vendre son vin.

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