La Midinette

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Dans le style estampillé «pur  troquet de Montmartre », cette Midinette se pose là. Elle en a vu défiler du monde depuis sa création en 1931 par des bougnats du Rouergue, les Chassany. En 1940, les Allemands n’ont pas manqué d’arracher sa jupe d’étain à son comptoir. Mais il a connu aussi des heures plus glamour …

Celles où Bourvil en compagnie de Pierre Etaix, vieil habitué des lieux, lapait des ballons de bojos en attendant sa maîtresse, Pierrette Bruno. Le bistrot portait alors le même nom que la pièce où ils avaient eu leur coup de foudre … la Bonne Planque. 

Aujourd’hui, le bistrot draine parmi ses habitués du quartier quelques célébrités et pas mal de touristes, des Américains et des Japonais encore à la recherche de ce Montmartre façon Aristocats… Ce n’est pas le moins cher de la butte, d’autant qu’il n’y a pas de formule le midi. Mais la cuisine se tient.

Comme cette terrine de cul noir de bigorre (7€)  ou un foie de veau et sa poêlée de mitrailles ( 16€ ) cuit rosé à la perfection, idem pour la pomme au four encore plus torride que celle de l’Eden. Côté vins, c’est concentré : 4 blancs, 2 rosés, 10 rouges dont  un  malbec fruité et rustique en IGP du Périgord.

L’actuel patron est du genre vigie loquace. Difficile de l’arrêter une fois qu’il a pris son élan. Stéphane Cachelin est aussi du genre autodidacte, il a fait mille boulots, cascadeur, créateur de bijou … Et patron de bistrot aujourd’hui. Il est fier de son troquet qu’il a repris en 2003 et qui n’était, à l’époque, qu’un vieux boui-boui.  Ce bistrotier touche à tout, est aussi l’auteur d’une invention fleurie primée en 2016 au concours Lépine, le chapotelet, un pot de fleur qui « chapote » les poteaux des  trottoirs. Inutile de préciser qu’ils végétalisent sa terrasse.

 

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