A la table de Mireille

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Mireille ne fait pas cligner que les mirettes 

«Alors chéri, tu veux pas le goûter mon Coq au vin ? » Avec Mireille, faut carburer vite pour choisir son plat. Son côté « Arletty des fourneaux » n’est pas pour la frime.Cette originaire de Lisieux vient de fêter ses 50 ans sur le pavé parisien. Elle a d’abord travaillé dix ans chez un marchand de volailles de Montmartre. Plus tard, elle s’est mise à son compte avec son mari pour tenir un primeur rue de Verneuil. Cocasse coïncidence pour la rue habitée par l’Homme à la tête de choux (le Père Gainsbarre – NDLR).

Sa boutique de comestibles vendue en 2011, Mireille a patienté deux ans pour réaliser enfin le rêve qu’elle caresse depuis qu’elle a 7 ans. Tenir un restaurant. Mais elle a de sérieux atouts. Sur Paris, ceux qui connaissent aussi bien les produits qu’elle ne courent pas les rues.

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Pas étonnant que la « Table de Mireille » fasse clignoter les mirettes. Rue de l’Annonciation, dans ce Passy qui conserve une touche de calme champêtre, on sent que c’est du sérieux en matière de cuisine traditionnelle. Confirmation à l’intérieur quand la patronne déploie ses ardoises. Et si elle connait toutes les turpitudes des plats micro-ondés de Metro et consorts, elle ne tombe pas dans la nostalgie. «Il reste des produits exceptionnels comme l’oignon doux des Cévennes ou l’ail rose de Lautrec, ce sont ceux-là que je cuisine.» Elle sait aussi dénicher des fromages incroyables comme ce stupéfiant brebis à la truffe.

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En matière de tradition, la « Mireille » déploie une batterie classique avec un plat du jour qui semble vous avoir toujours attendu. La qualité explique des prix plus élevés qu’ailleurs. ( 9,50€ les entrées et des plats entre 18 et 34 €). Mais comme toujours, c’est dans la simplicité que l’on reconnait le talent. Par exemple quand s’avancent ces brûlantes endives au jambon (18,50€). Elles dilatent d’abord les narines puis l’esprit qui s’en va rejoindre les fourneaux des grands-mères de notre enfance. La purée de céleri produit aussi un bel effet. Idem sans doute pour le pot-au-feu, grand classique de la maison comme la blanquette. Même le tartare pantagruélique rassérène les faibles du mou. Mais l’on pourrait également citer la tête de veau. Les amateurs de festins giboyeux ne seront pas en reste avec en automne une terrine de faisan maison (18,90€) ou du filet de marcassin (34,50€).

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Sa viande de bœuf vient de la Sarthe « toujours de la même ferme ! Et mon agneau est français. Je fais du Sisteron mais quand je peux je prends du pré-salé du Mont Saint-Michel. Après tout c’est mon pays. Mais pas question de tomber dans le Néo-Zélandais.» En bonne normande, elle ne chipote ni sur la crème ni sur les parts. On pourra s’en convaincre en s’achevant avec sa Tatin (9,50€). Elle vous permettra de dévaler tout droit le coteau de Passy jusqu’aux berges de la Seine comme jadis les tonneaux des vignerons locaux.

Petits « coeffs » sur les grands vins

Mireille assure avoir les coeff les plus bas du quartier jamais supérieur à 2,5. En tout cas pour les belles étiquettes médocaines, on peut la croire, comme ce Château Chasse-Spleen 2008 à 68 € ou ce Maucaillou 2010 à 26,50€ que l’on peut emporter pour 14,50€.

A la Table de Mireille – 17 rue Annonciation – 75016 Paris  – Tél. 01 45 27 64 37
Métro : Passy
Fermé dimanche soir

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